Il fut un temps lointain où le ronron des chats habitait mes temps d'écriture. Je vivais ici, sur ce blog, et les rires des commentaires ponctuaient les mythologies anciennes sur lesquelles je me penchais la journée durant et la nuit aussi. Il était un temps où entre deux, je brodais au coin du feu des motifs sortis de l'époque médiévale qui me plongeaient dans la légende arthurienne.
Je viens aujourd'hui ici comme on ouvre une maison de campagne dans laquelle on a longtemps habité. J'y retrouve d'anciennes photos, des petits mots jetés au hasard sur le temps qu'il fait, le bruit du vent dans les branches de l'osier….
Je ne suis plus celle là. J'en suis une autre. Le brouillard qui est tombé sur mes yeux désormais a laissé dans de belles boites fils teints, toile de lin et motifs anciens. Mes doigts ne courent plus sur le clavier qu'avec les yeux des autres. Le brouillard se lèvera me dit-on. Certes. J'y crois. Un jour peut-être
Je me regarde dans ce miroir public de mon âme. J'ai changé. Le miroir me renvoi l'image d'une fille portant des oreilles de chat, une cape de velours rouge, de grandes bottes de cuir noir…. Sourire. Je suis entrée dans une dimension uchronique. Après en avoir longtemps rêvé, j'ai pris le chemin de mes rêves et j'entraine les gens à faire de même.
Je suis passée de l'autre côté du miroir. J'arpente les rues de Londres, Paris et Bruxelles et mes bottes sur l'asphalte humide s'y sentent bien. Je suis partie et je crois que je ne reviendrai jamais. Ici, peut-être d'une autre façon. Les vieilles maisons ont cela pour elles, c'est qu'elles servent de port d'attache.
Mais je ne suis pas partie. Je vis ici.
Intensément. Et je n'y suis pas seule.
Les chats n'ont pas quitté le coin du feu. Ils attendent et me câlinent quand je rentre à la maison.