Un de mes grands plaisirs dans la vie c'est de faire des choses qu'on a pas le droit de faire. Ne vous emballez pas. Rien de répréhensible, juste du grondable, comme de dormir dans un musée par exemple. ça je ne l'ai fait qu'une fois.
C'était l'été de mes 16 ans. Nous avions eu la bizarre idée avec mon Doux (le même que maintenant), de partir le nez au vent sans la moindre roupie au fond des poches de nos jeans troués. De vivre d'amour, d'eau fraîche, de petits boulots qu'on allait inévitablement trouver.
Autant dire tout de suite que l'expérience a été catastrophique. On a surtout appris à faire la manche, à miauler devant la porte de derrière des restos, à faire les yeux doux aux marchands ambulants et aussi à la poubelle du boulanger sans compter les techniques de guerilla en milieu urbain pour sauver son croûton durement gagné.

Bref. Un jour j'écrirai peut-être un manuel de survie pour poètes en milieu festivalier.
Revenons aux moutons (y'en avait plein mais je n'en parlerai pas).

Nous arrivâmes un jour, par beau temps (saleté de cagnard, la route est longue à pied), au village des Baux de Provence. Enivrés par avance par des histoires de châteaux, de chevaliers, de templiers et que sais-je encore, nous pensions trouver un havre de bonheur et de vieilles pierres mêlés. Nenni ! C'est dans une usine à gaz pour touristes richissimes que nous essayâmes de poser nos sacs à dos. Là-bas, même pour regarder dans la poubelle du boulanger, il fallait payer. Quant à dormir quelque part, ce n'était même pas la peine de l'envisager.
Nous sentîmes notre fin proche. Rien à boire, rien à manger, il ne restait plus qu'à accomplir nos dernières volontés. Et ça a été de visiter le château. Visite guidée obligatoire. Là je ne sais pas ce qui nous a pris mais on a eu envie de se cacher et ça a marché. A la fermeture, personne ne nous avait encore trouvé. Quand le gardien a fait sa ronde de nuit, Il ne nous a pas vu lui non plus, alors on est resté la nuit, a dormir dans les ruines à la belle étoile. Ça a duré toute une semaine, ensuite nous avions trop faim et nous sommes partis ailleurs, là où on pouvait encore trouver quelques croûtons.

Bien des années plus tard…….
Hier, j'ai pu entrer par la petite porte dans un lieu très connu. Je n'ose pas vous raconter, parce que même si je suis restée sagement assise à regarder et écouter, c'était carrément pas autorisé.



Quelquefois on me dit: Et si tu deviens célèbre un jour, qu'est-ce que tu feras ?
Maintenant je sais: je dormirai dans des musées, je camperai dans les châteaux et j'habiterai une superbe maison tout au bord de la plage.

Edit pour annonce: Bobi, illustratrice et Naya, scribouilleuse, recherchent admirateurs ou trices possédant chateau, maison au bord de la plage, musée (avec piscine si possible) qui auraient la gentillesse de nous y inviter en attendant qu'on soit riches et célèbres.

Bande-Son: Petite pluie chaude sur sushis dans un jardin parisien
Humeur du Moment: Ah si vous saviez...