Toutes les fins d'été, comme d'autres font de la confiture de mûres, je fais de la confiture de figues.
J'aime l'arbre. Le dessin de ses feuilles et les siestes si douces que l'on peut faire dessous. J'aime ses fruits, de soleil gorgés qu'on récolte après les vacances. J'aime leur chair gonflée et leur peau si fine qu'un ongle suffit à la déchirer.
Je hache les fruits en tous petits morceaux, j'y ajoute du sucre, du rhum, peut-être une banane. Puis, je fais bouillir à tout petit feu, jusqu'à ce que la consistance de cette confiture, nappant la cuillère, ait l'exacte texture de mes futurs délices.
L'hiver venu, devant la cheminée, on s'installera, nombreux ou pas, gens chers à mon cœur, pour l'étaler généreusement sur de grandes crêpes de sarrasin, douces comme la peau.
Il y aura des étoiles dorées dans les yeux des convives. Alors viendront les histoires, les dessins et la musique.
ça c'est pour la poésie. Pour les autres textes, il restera le souvenir de ces tendres choses découpées avec application en tous petits morceaux. Mes psychopathes ont encore de beaux jours devant eux. Niark. Niark.
Bande-Son: Coldplay twisted logic
Humeur du Moment: Serrer des gens dans mes bras