Naya blog

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche 30 octobre 2005

La tête comme une citrouille

Je vous préviens, ça va être long, y'aura pas de bibliographie, pas de citations, pas de note à benêt, va falloir me croire sur paroles.
Demain c'est Halloween et je me sens comme une girouette en plein vent.
Comme toutes les fêtes, les avis sont très partagés et le discours se radicalise.
En tant qu'écriveuse d'histoires, j'ai envie de prendre position. Mon problème c'est que je suis d'accord avec tout le monde et avec personne en même temps.
Je vais donc essayer de me mettre tout le monde à dos ;)
Parce qu'on peut toujours se rebeller contre l'aspect commercial des fêtes, principal argument des antis, il n'empêche que de tous temps il y a eu des fêtes et il y en aura encore tant que l'humanité existera. Preuves à l'appui, s'il le faut, c'est tout simplement que nous en avons psychologiquement besoin.
Il est donc nécessaire de comprendre ce mécanisme pour ne pas être ballotté par les évènements.
Quoique que certains en disent, rassemblant en cela les mêmes arguments que ceux qui, avant Pasteur, criaient au loup devant l'évidence de l'existence de l'infiniment petit, je prédis qu'un jour, nos descendants prendront soin de l'hygiène de leur tête comme nous avons appris à prendre soin de notre corps (notez quand même que Pasteur est mort depuis longtemps mais que bon…hum hum… )

La fête permet de réajuster notre rôle social et de nous interroger sur nous-mêmes. La préparation de ces fêtes est presque plus importante que le moment de la fête elle-même. Quand aux lendemains, en général ils ne chantent pas.
Lors de ces fêtes, nous convoquons toutes nos ressources pour dresser un portrait qui nous satisfasse. Ce portrait que nous dressons et que les autres nous renvoient, de même que ceux qui nous sont envoyés ne sont quelquefois pas très flatteurs. Noël avec ses interrogations familiales est la fête qui cogne le plus. Ça fait mal par où ça passe. Comme tous les médicaments au goût amer, on préfèrerait s'en passer. Pas si facile à cause de cette fichue pression sociale qui arrive toujours à nous coincer au fond d'une ruelle sombre. Pour s'en sortir, le moyen le plus facile est de tricher et de s'en remettre à quelque chose de tout fait, qui aura toutes les apparences de notre sincère effort.

Je ne sais pas comment cela se passait avant. Avant que le système libéral envahisse la planète mais quoiqu'il en soit, notre principal problème est ce grand télescopage entre notre être et notre portefeuille. Mais pourquoi donc ? Parce qu'acheter est un moyen bien trop facile d'accéder à quelque chose. Tout est donc factice. Ce système vachement vicieux est à la fête ce qu'une vieille radasse alcoolique est à l'amour. Ça te met la main direct dans le pantalon sans passer par les préliminaires et puis ça te vomit dessus ensuite. Vous croyez que l'image est un peu forte ? Non, c'est exactement comme ça que le prend votre inconscient quand il se rend compte de la supercherie et il a bien raison.

L'acte marchand n'est plus à sa place, il n'est plus un investissement, il est un acte compulsif.

Freud détermine le premier stade de la construction de la personnalité comme le stade oral. C'est-à-dire la l'angoisse de l'enfant qui pour la première fois se rend compte que sa survie dépend d'un sein nourrisseur et qui n'est pas toujours présent quand il en a besoin. L'enfant apprend à prendre tout ce qu'il peut quand ça passe. Résultat, toute sa vie il aura ce besoin de comblement qui varie selon les personnes en fonctions de leurs histoires personnelles.

Et c'est ça que le système libéral a bien intégré: il parle à notre inconscient. Il le nourrit. Il répond à notre besoin de comblement. Il met en place un dialogue direct avec lui qui fait que malgré notre raisonnement, nos actes conscients, nous nous retrouvons tous un jour où l'autre dans un magasin pour combler notre mal-être en sachant pertinemment que ce n'est pas ça qui va résoudre notre problème. Le lait de ce sein là est empoisonné.

Et voilà, la boucle est bouclée.
Et si je n'ai pas réussi à me mettre tout le monde à dos, je vais essayer de mettre tout le monde de mon côté.
Si vous voulez faire la fête sans vous asservir à la vieille radasse sus-dite: racontez vous des histoires, vivez des histoires et préparez les longtemps à l'avance.
Et si Halloween est l'occasion de réfléchir sur la vie et la mort, faites le vraiment. Frissons garantis ! Puis ensuite réjouissez vous ensemble d'être vivants.



Robert Braccharz était bibliothécaire à Boitdieu.....
Monsieur Taupe: suite du feuilleton en moults épisodes A lire chez D'Arcy

Bande-Son: sleepy hollow
Humeur du Moment: Blair witch

jeudi 20 octobre 2005

Prise de tête

Il fallait bien qu'un jour j'ai le courage de vous montrer la tête que j'ai en vrai.



Matin d'éclipse, dans mon jardin, assise sur la balançoire, j'avais un look de star.

Bande-Son: Neïmo Hot girl
Humeur du Moment: Mais qui a éteint la lumière ?

lundi 17 octobre 2005

La couleur de la racine des pissenlits



Lavé et dépoussiéré 30 kgs de vieux draps, quelques poignées de boutons, 4 boites à biscuits en fer blanc, 3 caisses en bois, une armoire brinquebalante, du matériel pour *saboter les trains de la *déportation, une balance Roberval et un gros sac de photos..

Laissé les vautours se déchiqueter entre eux, être certaine de plus jamais en revoir certains et fermé pour la dernière fois la maison de mes grands parents.



Les constats au goût amer sont quelquefois si difficiles à avaler qu'ils nous obligent à réfléchir.
Faut-il aller jusqu'à penser qu'ils nous sont nécessaires? Que sans eux, nous serions dans la vie comme les victimes consentantes des Morlocks de Wells ?
Point trop n'en faut, je dirai. Pour ma part, j'en ai eu ma dose et je préfère dorénavant, le plaisir des choses sucrées.

Bande-Son: Aretha Franklin
Humeur du Moment: Not so bad

mercredi 12 octobre 2005

Nouvelle collaboration



A lire ICI : les nouvelles aventures de Monsieur Taupe. Un cadavre exquis en moults feuilletons signé dorénavant D'Arcy et Naya.
Bande-Son: BPM
Humeur du moment: Un peu le rose aux joues et très heureuse car j'aime beaucoup, beaucoup l'écriture de ce gens là.

lundi 10 octobre 2005

L'épicerie

Cette semaine je suis retombée en enfance un peu comme on trébuche sur une marche: je ne m'y attendais pas.

Tout ça parce que j'avais une petite idée qui me trottait dans la tête.



Quand j'était toute petiote, mes parents étaient vachement à la mode: ils étaient écolos. Retour à la terre, gros pulls en laine et sabots en bois, bouffe végétarienne voire macrobiotique, musique folk et repas chez les copains pour refaire le monde.
On lisait le *Sauvage ou la *Gueule *Ouverte.
Il y avait aussi des lieux incontournables: les maisons des copains (avec plein de gens si possible), les vieilles fermes reculées en Ardèche pour les stages de tissage l'été, la librairie parallèle à Paris, et les épiceries bio.

Dans les épiceries bio, c'est très codifié. Tout d'abord, il ne faut pas parler fort, comme dans une bibliothèque, il ne faut pas sourire non plus ou alors en coin d'un air entendu pour signifier qu'on fait partie de la tribu.


Quand on ouvre la porte, il y a toujours un carillon de type Woodstock qui sonne bien fort, histoire de rameuter l'épicière qui fait autre chose ailleurs. En général dans son appartement juste au-dessus. Ensuite il y a les odeurs. Celles des fruits secs. Les pruneaux, les abricots, les noisettes et toutes sortes de fruits séchés. Régalez vous en bien car ce sont à peu près les seuls sucreries que vous trouverez: le sucré est un peu tabou.

L'épicerie bio est toujours minuscule. Ce qui est quelquefois problématique surtout en hiver.
Le long des murs sont alignées des étagères en bois blanc surchargés de boites et de pots au look
savamment étudié. Le maître mot est nature. Les étiquettes des produits sont écrites à la main.
Quand c'est possible, les denrées sont présentées en vrac. On se sert dans des petits sacs en papier avec de jolies petites mesures.

Tout ça est bien joli, un peu comme quand nos grands-mères jouaient à la marchande.
Vient le moment de passer à la caisse: le comptoir est tout petit: pas d'articles à acheter au dernier moment, des pétitions à signer, souvent pas de vraie caisse enregistreuse, plutôt une bonne calculatrice imprimante.

Il y a une chaise derrière cette caisse. Une chaise campagnarde avec un joli coussin nature dessus. Et derrière toujours des étagères avec des livres de diététique.

Après il faut bien payer. C'est là qu'on comprend la vraie raison de pourquoi y'avait pas toujours du chauffage à la maison.

Pour un kilo de millet, un autre de sarrasin, 500 gr de kaska et de l'essence de menthe, ça m'a coûté 20 euros.

Qu'importe: j'étais heureuse de retrouver mes souvenirs d'enfance.
Ils m'ont remis les pendules à l'heure.

Et que vas-tu faire de tout ce millet et ce sarrasin me direz-vous ?
Et bien je vais inventer des plats qui vont avec mes contes.
Y'en a qui vont être obligé de goûter !

Bande-Son: A plus tard crocodile
Humeur du Moment: Poussières de grenier

vendredi 7 octobre 2005

Crash test

Moi aussi il m'arrive de faire des tests débiles.



Des fois on a des surprises. Il y a deux mois je ne savais même pas ce que ça voulait dire ! Faut peut-être que je me soigne. Mais non en fait, j'en ai pas envie du tout.
Si vous voulez tenter l'expérience: Geek test

Bande-Son: Stan Getz
Humeur du Moment: un ou zéro

lundi 3 octobre 2005

Samedi à Paris: Nuit blanche. Lundi au jardin éclipse



Aucun magasin d'ouvert et pourtant, je n'avais jamais vu autant de monde dans les rues de Paris. Comme quoi il ne faut jamais désespérer du genre humain.
Autant le dire tout de suite, nous avons tenté d'aller à plusieurs endroits mais nous n'avons rien visité. J'aurais aimé aller à Versailles, mais nous avons changé d'avis pour pouvoir retrouver les copains sur Paris. J'aurais aimé rencontrer Kalila mais impossible de s'arrêter au Louvre.
J'aurais aimé voir Doune mais à l'heure tellement tardive où nous sommes enfin arrivé à l'institut du monde arabe, j'ai pas osé appeler de peur de la déranger dans son lit bien après son retour.
J'aurais aimé rencontrer plein d'autres gens mais seul notre ami Djoulian a eu le courage de rester après plusieurs rendez-vous manqués.
il parait qu'à Versailles c'était aussi l'horreur.
Conclusion: l'année prochaine j'irai dormir chez les copains et j'irai à pied.



Il faisait beau ce matin pour ma première éclipse dans mon jardin. Très confortable.



Je vous présente mon telescope.



Cette photo a été prise avec l'appareil photo numérique collé à l'oculaire.



Vivre une éclipse est un moment vraiment spécial. La lumière est très étrange: un jaune qui tire sur le vert. Il y en aura encore une autre le 29 mars 2006 et puis cela en sera terminé pour les éclipses de l'hémisphère nord pendant un bout de temps

Bande-Son: Casse-pied au téléphone
Humeur du Moment: Calin à l'oreiller