Cette semaine je suis retombée en enfance un peu comme on trébuche sur une marche: je ne m'y attendais pas.

Tout ça parce que j'avais une petite idée qui me trottait dans la tête.



Quand j'était toute petiote, mes parents étaient vachement à la mode: ils étaient écolos. Retour à la terre, gros pulls en laine et sabots en bois, bouffe végétarienne voire macrobiotique, musique folk et repas chez les copains pour refaire le monde.
On lisait le *Sauvage ou la *Gueule *Ouverte.
Il y avait aussi des lieux incontournables: les maisons des copains (avec plein de gens si possible), les vieilles fermes reculées en Ardèche pour les stages de tissage l'été, la librairie parallèle à Paris, et les épiceries bio.

Dans les épiceries bio, c'est très codifié. Tout d'abord, il ne faut pas parler fort, comme dans une bibliothèque, il ne faut pas sourire non plus ou alors en coin d'un air entendu pour signifier qu'on fait partie de la tribu.


Quand on ouvre la porte, il y a toujours un carillon de type Woodstock qui sonne bien fort, histoire de rameuter l'épicière qui fait autre chose ailleurs. En général dans son appartement juste au-dessus. Ensuite il y a les odeurs. Celles des fruits secs. Les pruneaux, les abricots, les noisettes et toutes sortes de fruits séchés. Régalez vous en bien car ce sont à peu près les seuls sucreries que vous trouverez: le sucré est un peu tabou.

L'épicerie bio est toujours minuscule. Ce qui est quelquefois problématique surtout en hiver.
Le long des murs sont alignées des étagères en bois blanc surchargés de boites et de pots au look
savamment étudié. Le maître mot est nature. Les étiquettes des produits sont écrites à la main.
Quand c'est possible, les denrées sont présentées en vrac. On se sert dans des petits sacs en papier avec de jolies petites mesures.

Tout ça est bien joli, un peu comme quand nos grands-mères jouaient à la marchande.
Vient le moment de passer à la caisse: le comptoir est tout petit: pas d'articles à acheter au dernier moment, des pétitions à signer, souvent pas de vraie caisse enregistreuse, plutôt une bonne calculatrice imprimante.

Il y a une chaise derrière cette caisse. Une chaise campagnarde avec un joli coussin nature dessus. Et derrière toujours des étagères avec des livres de diététique.

Après il faut bien payer. C'est là qu'on comprend la vraie raison de pourquoi y'avait pas toujours du chauffage à la maison.

Pour un kilo de millet, un autre de sarrasin, 500 gr de kaska et de l'essence de menthe, ça m'a coûté 20 euros.

Qu'importe: j'étais heureuse de retrouver mes souvenirs d'enfance.
Ils m'ont remis les pendules à l'heure.

Et que vas-tu faire de tout ce millet et ce sarrasin me direz-vous ?
Et bien je vais inventer des plats qui vont avec mes contes.
Y'en a qui vont être obligé de goûter !

Bande-Son: A plus tard crocodile
Humeur du Moment: Poussières de grenier