La tête comme une citrouille
Par Naya, dimanche 30 octobre 2005 à 14:27 :: Incipit :: #105 :: rss
Je vous préviens, ça va être long, y'aura pas de bibliographie, pas de citations, pas de note à benêt, va falloir me croire sur paroles.
Demain c'est Halloween et je me sens comme une girouette en plein vent.
Comme toutes les fêtes, les avis sont très partagés et le discours se radicalise.
En tant qu'écriveuse d'histoires, j'ai envie de prendre position. Mon problème c'est que je suis d'accord avec tout le monde et avec personne en même temps.
Je vais donc essayer de me mettre tout le monde à dos
Parce qu'on peut toujours se rebeller contre l'aspect commercial des fêtes, principal argument des antis, il n'empêche que de tous temps il y a eu des fêtes et il y en aura encore tant que l'humanité existera. Preuves à l'appui, s'il le faut, c'est tout simplement que nous en avons psychologiquement besoin.
Il est donc nécessaire de comprendre ce mécanisme pour ne pas être ballotté par les évènements.
Quoique que certains en disent, rassemblant en cela les mêmes arguments que ceux qui, avant Pasteur, criaient au loup devant l'évidence de l'existence de l'infiniment petit, je prédis qu'un jour, nos descendants prendront soin de l'hygiène de leur tête comme nous avons appris à prendre soin de notre corps (notez quand même que Pasteur est mort depuis longtemps mais que bon…hum hum… )
La fête permet de réajuster notre rôle social et de nous interroger sur nous-mêmes. La préparation de ces fêtes est presque plus importante que le moment de la fête elle-même. Quand aux lendemains, en général ils ne chantent pas.
Lors de ces fêtes, nous convoquons toutes nos ressources pour dresser un portrait qui nous satisfasse. Ce portrait que nous dressons et que les autres nous renvoient, de même que ceux qui nous sont envoyés ne sont quelquefois pas très flatteurs. Noël avec ses interrogations familiales est la fête qui cogne le plus. Ça fait mal par où ça passe. Comme tous les médicaments au goût amer, on préfèrerait s'en passer. Pas si facile à cause de cette fichue pression sociale qui arrive toujours à nous coincer au fond d'une ruelle sombre. Pour s'en sortir, le moyen le plus facile est de tricher et de s'en remettre à quelque chose de tout fait, qui aura toutes les apparences de notre sincère effort.
Je ne sais pas comment cela se passait avant. Avant que le système libéral envahisse la planète mais quoiqu'il en soit, notre principal problème est ce grand télescopage entre notre être et notre portefeuille. Mais pourquoi donc ? Parce qu'acheter est un moyen bien trop facile d'accéder à quelque chose. Tout est donc factice. Ce système vachement vicieux est à la fête ce qu'une vieille radasse alcoolique est à l'amour. Ça te met la main direct dans le pantalon sans passer par les préliminaires et puis ça te vomit dessus ensuite. Vous croyez que l'image est un peu forte ? Non, c'est exactement comme ça que le prend votre inconscient quand il se rend compte de la supercherie et il a bien raison.
L'acte marchand n'est plus à sa place, il n'est plus un investissement, il est un acte compulsif.
Freud détermine le premier stade de la construction de la personnalité comme le stade oral. C'est-à-dire la l'angoisse de l'enfant qui pour la première fois se rend compte que sa survie dépend d'un sein nourrisseur et qui n'est pas toujours présent quand il en a besoin. L'enfant apprend à prendre tout ce qu'il peut quand ça passe. Résultat, toute sa vie il aura ce besoin de comblement qui varie selon les personnes en fonctions de leurs histoires personnelles.
Et c'est ça que le système libéral a bien intégré: il parle à notre inconscient. Il le nourrit. Il répond à notre besoin de comblement. Il met en place un dialogue direct avec lui qui fait que malgré notre raisonnement, nos actes conscients, nous nous retrouvons tous un jour où l'autre dans un magasin pour combler notre mal-être en sachant pertinemment que ce n'est pas ça qui va résoudre notre problème. Le lait de ce sein là est empoisonné.
Et voilà, la boucle est bouclée.
Et si je n'ai pas réussi à me mettre tout le monde à dos, je vais essayer de mettre tout le monde de mon côté.
Si vous voulez faire la fête sans vous asservir à la vieille radasse sus-dite: racontez vous des histoires, vivez des histoires et préparez les longtemps à l'avance.
Et si Halloween est l'occasion de réfléchir sur la vie et la mort, faites le vraiment. Frissons garantis ! Puis ensuite réjouissez vous ensemble d'être vivants.

Robert Braccharz était bibliothécaire à Boitdieu.....
Monsieur Taupe: suite du feuilleton en moults épisodes A lire chez D'Arcy
Bande-Son: sleepy hollow
Humeur du Moment: Blair witch
Demain c'est Halloween et je me sens comme une girouette en plein vent.
Comme toutes les fêtes, les avis sont très partagés et le discours se radicalise.
En tant qu'écriveuse d'histoires, j'ai envie de prendre position. Mon problème c'est que je suis d'accord avec tout le monde et avec personne en même temps.
Je vais donc essayer de me mettre tout le monde à dos

Parce qu'on peut toujours se rebeller contre l'aspect commercial des fêtes, principal argument des antis, il n'empêche que de tous temps il y a eu des fêtes et il y en aura encore tant que l'humanité existera. Preuves à l'appui, s'il le faut, c'est tout simplement que nous en avons psychologiquement besoin.
Il est donc nécessaire de comprendre ce mécanisme pour ne pas être ballotté par les évènements.
Quoique que certains en disent, rassemblant en cela les mêmes arguments que ceux qui, avant Pasteur, criaient au loup devant l'évidence de l'existence de l'infiniment petit, je prédis qu'un jour, nos descendants prendront soin de l'hygiène de leur tête comme nous avons appris à prendre soin de notre corps (notez quand même que Pasteur est mort depuis longtemps mais que bon…hum hum… )
La fête permet de réajuster notre rôle social et de nous interroger sur nous-mêmes. La préparation de ces fêtes est presque plus importante que le moment de la fête elle-même. Quand aux lendemains, en général ils ne chantent pas.
Lors de ces fêtes, nous convoquons toutes nos ressources pour dresser un portrait qui nous satisfasse. Ce portrait que nous dressons et que les autres nous renvoient, de même que ceux qui nous sont envoyés ne sont quelquefois pas très flatteurs. Noël avec ses interrogations familiales est la fête qui cogne le plus. Ça fait mal par où ça passe. Comme tous les médicaments au goût amer, on préfèrerait s'en passer. Pas si facile à cause de cette fichue pression sociale qui arrive toujours à nous coincer au fond d'une ruelle sombre. Pour s'en sortir, le moyen le plus facile est de tricher et de s'en remettre à quelque chose de tout fait, qui aura toutes les apparences de notre sincère effort.
Je ne sais pas comment cela se passait avant. Avant que le système libéral envahisse la planète mais quoiqu'il en soit, notre principal problème est ce grand télescopage entre notre être et notre portefeuille. Mais pourquoi donc ? Parce qu'acheter est un moyen bien trop facile d'accéder à quelque chose. Tout est donc factice. Ce système vachement vicieux est à la fête ce qu'une vieille radasse alcoolique est à l'amour. Ça te met la main direct dans le pantalon sans passer par les préliminaires et puis ça te vomit dessus ensuite. Vous croyez que l'image est un peu forte ? Non, c'est exactement comme ça que le prend votre inconscient quand il se rend compte de la supercherie et il a bien raison.
L'acte marchand n'est plus à sa place, il n'est plus un investissement, il est un acte compulsif.
Freud détermine le premier stade de la construction de la personnalité comme le stade oral. C'est-à-dire la l'angoisse de l'enfant qui pour la première fois se rend compte que sa survie dépend d'un sein nourrisseur et qui n'est pas toujours présent quand il en a besoin. L'enfant apprend à prendre tout ce qu'il peut quand ça passe. Résultat, toute sa vie il aura ce besoin de comblement qui varie selon les personnes en fonctions de leurs histoires personnelles.
Et c'est ça que le système libéral a bien intégré: il parle à notre inconscient. Il le nourrit. Il répond à notre besoin de comblement. Il met en place un dialogue direct avec lui qui fait que malgré notre raisonnement, nos actes conscients, nous nous retrouvons tous un jour où l'autre dans un magasin pour combler notre mal-être en sachant pertinemment que ce n'est pas ça qui va résoudre notre problème. Le lait de ce sein là est empoisonné.
Et voilà, la boucle est bouclée.
Et si je n'ai pas réussi à me mettre tout le monde à dos, je vais essayer de mettre tout le monde de mon côté.
Si vous voulez faire la fête sans vous asservir à la vieille radasse sus-dite: racontez vous des histoires, vivez des histoires et préparez les longtemps à l'avance.
Et si Halloween est l'occasion de réfléchir sur la vie et la mort, faites le vraiment. Frissons garantis ! Puis ensuite réjouissez vous ensemble d'être vivants.

Robert Braccharz était bibliothécaire à Boitdieu.....
Monsieur Taupe: suite du feuilleton en moults épisodes A lire chez D'Arcy
Bande-Son: sleepy hollow
Humeur du Moment: Blair witch

Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.