Ame soul
Par Naya, lundi 25 septembre 2006 à 12:59 :: Incipit :: #142 :: rss
Samedi, bois de Vincennes, festival du Tibet.
Un mandala c'est beau, ça donne envie d'en faire mais j'ai déjà ma broderie. C'est tout pareil.

Sur les traces de mon peintre de Yem, Djoulian, mon compère de travail, a eu l'idée de nous traîner là-bas, histoire de voir si l'air frais du Tibet pouvait nous inspirer.
Je ne sais pas si j'ai vraiment trouvé mon inspiration pour ce personnage mais cette visite m'a permis de réfléchir un peu à mon sujet et à mes souvenirs.
Parce que le festival du Tibet c'est pour ainsi dire le festival du Vatican. C'est tout plein de bondieuseries avec les marchands du temple tout autour et ça fleure bon le tourisme. Soit, mais l'esprit est bon enfant, comme on dit dans les campagnes, et on a vite fait de se laisser porter par cet esprit là. Comme à la fête paroissiale du village.
J'étais là, goûtant béatement le soleil d'automne sous un marronnier quand l'esprit du Chat Rebelle qui est en moi a réveillé ma vigilance endormie.
Il faut dire que quand j'étais ptiote, ma grand-mère, chez qui je passais le plus clair de mon temps s'était donnée comme mission sacrée de m'inculquer les principes de la religion. Ne serait-ce que pour contrebalancer l'influence de ma famille paternelle qui elle, était foncièrement anti-cléricale, vu qu'elle croyait plutôt en Superman (dans ma famille paternelle, on est super-héros de père en fils).
Ma grand-mère était veuve. Une très jeune veuve, mon grand-père ayant de bonne heure préféré, rejoindre prématurément les vertes prairies de nos ancêtres. On allait chaque jour au cimetière, histoire de discuter avec pépé. Et puis il y avait les messes du dimanche matin (avec le curé qu'était pas sympa mais on a appris plus tard, quand il a fini en taule que c'était normal, vu qu'il avait pris l'habitude de se taper les petits copains dans la sacristie). Il avait aussi les cours de caté, ça c'était cool. On écoutait les histoires et on faisait des petits dessins. C'est là que j'ai appris à dessiner gothique (la croix, le sang, vas-y frappe j'aime ça).
Après je suis allée dans une école religieuse. Je crois bien que mémé commençait à tripper sur l'idée que je rentrerais dans les ordres.
J'ai donc fait ma rentrée de sixième dans une école religieuse. Ça convenait à tout le monde, mon père me voyait déjà matée, sage et sortant de l'Ena le front ceint de lauriers. Vous voyez le tableau ? Robe de bure et couronne de lauriers. Un must !
Le week-end c'était sortie en forêt avec les Scrouts (à pêtards pour les fans d'HP). Atmosphère Blair Witch en plein, je me sers toujours de ces souvenirs pour les scènes glauques.
C'est à partir de là que ça a commencé à se gâter. A cet âge là, j'avais déjà de sérieux doutes assortis de preuves précoces que l'histoire de la dame qui se fait niquer par un ange dans son sommeil, ça sentait franchement le prétexte bidon.
Et puis je commençais à réfléchir un peu, sous l'influence de l'éducation politique du côté paternel. Bref, ça tournait vinaigre. Mais j'étais encore cool, exactement comme samedi sous le marronnier. Atmosphère bon enfant.
Et puis voilà, les dessous gothiques des bonnes soeurs ça m'a donné envie de vomir. C'est une sensation qui réveille.
Dans le bruit du scandale de petite fille pas sage, j'ai rejoins l'école publique et milité pour la fin de toutes les religions. A treize ans je voulais mettre des machins qui font boum dans tous les lieux de cléricale perdition.
Finalement, j'ai suivi la Voie du Chat et j'ai commencé à écrire.
Ensuite, j'ai exercé mon métier, et souvent, j'ai écouté le témoignage de parents dont l'enfant venait de mourir et qui trouvaient le réconfort dans l'idée d'un autre ailleurs. J'ai bien été obligée d'admettre que sans cette aide là c'est bien difficile de ne pas devenir fou de chagrin.
Mais au nom de cette idée là, combien de morts en contrepartie ?
Comme l'usurier du marchand de Venise, cette idée là demande en remboursement sa livre de chair et de sang.
Aujourd'hui, chaque jour (j'espère que je vais me tenir à mon planning), j'écris mon roman. Y'a un gros côté mystique là-dedans mais ça va mal finir pour eux, c'est moi qui vous le dit. Fallait pas me le faire voir les coulisses de si près. Maintenant je sais écrire et je sais de quoi que je cause.
J'en suis à 170 pages tout rond. Happy birthday !
Et si maintenant je crois fermement en quelque chose, c'est bien qu'on a pas le droit de se voiler la face. En tant qu'espèce dominante, je crois qu'on est tous responsables, de notre vie de celle des autres aussi, de toutes les autres espèces et de notre planète. Y'a pas plus à dire, le reste c'est du pipo pour cacher notre couardise et pour manipuler les foules.
Je vous préviens y'aura pas de démocratie dans les coms. Que personne n'essaie de mon convertir, c'est pas la peine, et même que ça ferait l'effet contraire.
Y'a pas à dire: l'air frais du Tibet, c'est vivifiant.
TRAUMA: Lisa dessin page 10 en cours, scenar page 20.

Commentaires
1. Le lundi 25 septembre 2006 à 13:39, par Oken
2. Le lundi 25 septembre 2006 à 13:43, par Anne
3. Le lundi 25 septembre 2006 à 17:24, par déclic
4. Le lundi 25 septembre 2006 à 17:58, par Naya
5. Le lundi 25 septembre 2006 à 23:26, par Bérénice
6. Le mardi 26 septembre 2006 à 12:23, par zecoco
7. Le mardi 26 septembre 2006 à 17:59, par Naya
8. Le mardi 26 septembre 2006 à 22:28, par chrixcel
9. Le mercredi 27 septembre 2006 à 00:13, par Oken
10. Le mercredi 27 septembre 2006 à 09:54, par Naya
11. Le mercredi 27 septembre 2006 à 12:34, par adan
12. Le mercredi 27 septembre 2006 à 18:16, par le-chat
13. Le mercredi 27 septembre 2006 à 20:16, par Naya
14. Le mercredi 27 septembre 2006 à 20:56, par dieudeschats
15. Le jeudi 28 septembre 2006 à 00:29, par Naya
16. Le jeudi 28 septembre 2006 à 07:30, par Oken
17. Le jeudi 28 septembre 2006 à 09:49, par Naya
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