Naya blog

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mardi 31 octobre 2006

Les sorcières du chemin de Traverse



Mille et mille heures à arpenter les bois moussus et les champs gras de brouillard de ma verte campagne, les landes de Bretagne et la garrigue de Provence. Mille et mille heures à arpenter l'asphalte des rues de Paris. Et tout cela avait été en vain.
Jusqu'à ce dimanche d'octobre.

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J'avais rendez-vous avec une conteuse. Elle m'attendait sagement, je ne me suis pas méfiée. Elle attendait devant la porte d'un salon de thé. On ne se méfie pas d'un salon de thé. Quoi de plus innocent qu'un salon de thé? Surtout tenu par une vieille dame.

Quand nous nous sommes assis, mon Doux et moi, la jolie fille et la vieille dame se sont lancé des regards entendus. Moi, un peu naïve, j'ai passé ma commande.
On m'a proposé du thé à la violette et un florentin farfelu. Humm….. En général, c'est plutôt un francilien barbu que j'ai à mon menu mais bon… puisque mon Doux avait l'air enthousiaste et que le chocolat sentait si bon...

La conversation roulait sa bosse tranquillement et les clients commençaient à affluer.
Et puis d'un coup, ma conteuse s'est mise à conter. Elle s'est mise à chanter tout doucement. Petit à petit tout les clients se sont tus, les enfants se sont rapprochés, la lumière imperceptiblement a changé.
C'est à ce moment précis que les portes du pays des fées se sont ouvertes. Ce pays que j'avais tant désiré, j'en foulais le sol doux de mes pieds nus.
Je la regardais dire. Ses mains volaient dans l'air en gestes ronds et précis. Elle dessinait à grands traits le paysage qui maintenant se déroulait sous nos yeux. Il y avait des parcelles d'or partout qui volaient avec elle.
Quand elle posa le mot fin sur son récit, il n'y avait plus que le silence émerveillé de nous tous voyageurs ébahis.
Pêle-mêle j'ai compris que la conteuse et la vieille dame étaient en fait des sorcières. J'ai compris que désormais j'étais à mon tour ensorcelée pour toujours. Les yeux dans le vague, la tempête faisait rage sous mon crane. Une porte venait de s'y ouvrir et toutes les histoires qui ne pouvaient pas sortir se sont mises à se bousculer.

Je crois bien qu'à mon tour j'ai envie de devenir une sorcière.
Si un jour je vous propose de venir boire un thé. Méfiez vous de ce qui pourrait vous arriver ! Y'a une bande de filles par là-bas qu'il vaut mieux éviter.... ou pas !!!

lundi 23 octobre 2006

Comment naissent mes histoires



Je fais des petits dessins quand je réfléchis pendant des heures à ce que j'ai à écrire.



Et des heures, il m'en faut un bon paquet pour écrire un texte.

D'abord il y a l'inspiration, pêle-mêle il y a les souvenirs, les ambiances, les amis, les gens que j'essaie de rencontrer pour qu'ils me racontent leur histoire, leur passion, leur métier. Et il y a ma muse (ça se dit "mon muse ?).
Ensuite il y a la recherche version sciences humaines. Faut que ça colle aux théories. Du coup, je peaufine la mienne, de théorie.
Après c'est la recherche version documentation. Si je pouvais, j'écrirais avec une précision historique rigoureuse mais j'ai appris qu'à moins d'être historienne et y passer tout mon temps c'était impossible.
Quand je me suis bien prise le chou avec les bases, il y a le scenar. J'affine mon plan général et je rédige la scène par grosses touches, comme pour un scenar de bd, case par case.
Vient le moment de la rédaction. J'écris en immersion totale avec la musique. Mon écriture qui est assez graphique a besoin de sa B.O, comme dans un film.
Quand je jongle avec les mots et les phrases, j'ai l'impression de me coltiner à la matière. J'écris d'une seule traite. Je me m'arrête qu'une fois que c'est terminé. Après je suis crevée. Physiquement et nerveusement.
Reste à corriger les fautes. Pas vraiment d'orthographe mais pas mal de frappe et la grammaire hum hum.
Quand c'est fini, je livre le tout à mon muse et à mes enfants pour qu'ils me disent ce qu'ils en pensent parce que moi je trouve toujours ça nul.
J'écris à l'ordi et sur des blocs, toujours les mêmes et en réfléchissant je fais des gribouillis dessus.

Je me demande s'il arrive aux dessinateurs d'écrire quand ils réfléchissent à ce qu'ils vont dessiner. Ça reste un mystère pour moi de savoir comment naissent les dessins.

Merci à Malisa (qui n'a toujours pas terminé la page 13 de Jour et Nuit) pour la colo. ;)

lundi 16 octobre 2006

Vis ta mine



3 objets à vous présenter:

1 - Chez les québecois (ne pas confondre avec les canadiens, hein ? ;) ), on boit de l'eau minérale qui s'appelle Naya.
Merci à Marie de m'avoir envoyé l'étiquette dont je rêvais depuis longtemps. Si j'étais québecoise, est-ce que je m'appelerais Evian ?

2 - Du chocolat étrange trouvé dans ma boutique bio-chicos.
Y'en avait tout un paquet exposé là, tout seul, bien en vue, sous le regard des pépés et mémés un peu gênés. Ça m'a fait marrer.

3 - Je vous présente également la DoDue. Format maxi, c'est une bonne grosse théière qui prend dans son ventre autant de thé qu'on en voudrait.


Y'a des sujets qui tournent en boucle dans ma tête comme sur un manège et je ne sais pas lequel choisir.
Après mon coup de gueule de la semaine dernière, forcément ça ne peut qu'être plus light.
J'suis groggy.
J'aimerais bien que la vie soit aussi douce qu'un mohair dans une pub de lessive mais ça veut pas. C'est souvent rêche comme mon linge sans assouplisseur.

Il y a mille façon de voir la vie.
Par exemple comme une sorte d'entité qu'on appellerait "la vie". J'aime bien imaginer la tronche de cette entité là.
Quelle gueule a "lavie" qui nous donne des claques, des leçons, des coups de pied au cul ? La gueule d'un parent ? D'un monstre velu troisième niveau ? du prof ?
Y'a aussi la dolce vita. Celle-là je l'aime mieux, elle est plus jolie.
La "quec'estbeaulavie", c'est une menteuse. Elle te fait des promesses qu'elle tient pas.
"Laviecommeellevient", est trop molle et "l'advitameternam" je m'en méfie.
Avoir "laviesauve", c'est qu'on l'a échappé belle, c'est pas passé loin. Celle-là, elle a toujours la sueur qui perle au front.
Des fois je pense à "lavie pèreaupoing" mais je m'égare, C'est comme quand je pense à la "vietriol", faut pas pousser non plus mais ça pourrait se faire.
La "viedechien", un profil très canin.
La "viedepatachon", elle ne quitte jamais "laviedebatondechaise" et des fois, j'ai de la chance, elles m'emmènent en virée avec elles mais jamais sans la "vieàdeux", parce qu'elle a le visage de mon amoureux.

Et à votre avis, elle a quelle tronche votre vie ?

TrAumA: Preview chez Malisa Page 12 et 13 en cours.

lundi 9 octobre 2006

Insomnie



En plongée:
Le lit dans la chambre. Rideaux de velours rouge théâtre. La fille en pyjama gris.



De l'intérieur:
Elle est là, elle me brûle, la colère qui ronge mon ventre. On dirait un petit animal sauvage qui ne veut pas que je l'emprisonne.
Elle se débat ,la féline, elle me grille, et feule la rebelle. Elle appelle ses congénères des temps passés. Elle convoque les flamboyantes qui dormaient, sages; domptées par le temps. Elle les excite et me met en rage.

Qu'il était doux le temps où les choses se réglaient à coups de poings. C'était simple. On sortait ses armes, on se roulait dans la poussière , y'en avait un qui gagnait et l'autre acceptait la défaite. Pour un temps. Jusqu'à la prochaine fois, où on se reroulait dans la poussière et voilà.
J'aimais bien. Je gagnais la plupart du temps parce qu'à ce jeu là, c'est pas ce qu'on croit. C'est pas le plus fort qui gagne mais le plus dingue. Assurément.

Oui, mais voilà. Dans la vie, c'est pas tout à fait les mêmes règles que dans la cour de récré. Y'a des choses qu'on peut pas faire. .
J'avais pour remplacer mes petits poings serrés d'enfant, une armure forgée avec les mailles du temps.
Je l'avais déposée un instant, protégée, à ce que je croyais pas la force du serment.
C'était idiot. C'était comme poursuivre un rêve. Comme si j'avais voulu rattraper l'insouscience de l'enfance que je n'ai pas beaucoup connue.

Alors, j'ai pas vu le coup venir. Un foutu coup bas, bien au-dessous des lunettes. Un coup de lâche sans noblesse.
Et maintenant, j'encaisse mal. Je cherche un peu d'air, une issue. J'en appelle au temps qui passe. Mais putain que je sens qu'il va passer doucement !

Vue sur fenêtre.
La lune filtre à travers les rideaux tirés du baldaquin. 5 heures du matin.

De l'intérieur:
Je me réveille dans un cauchemar, les dents tellement serrées que j'ai rêvé qu'elles explosaient toutes en même temps. Pas le temps de souffler. Je reviens tout de suite au sujet.
L'épaisseur de la nuit teintée de lune transforme l'obscurité en monstre énorme, sorte de cerbère de mes cauchemars délirants. Faut que je me lève je peux pas faire autrement.

Rez de chaussée.
Canapé. Il est rouge aussi. Ouvert sur la table "l'homme aux cercles bleus" de Fred Vargas. Les chats noirs et le chien blanc qui dorment. Un yahourt et une petite cuillère.

De l'intérieur:
J'ai juste un petit peu faim mais le yahourt c'est bien, c'est régressif. Regresser vers quoi ?Je tape un peu aussi sur cette vieille colère là. C'est pas le moment de chatouiller l'enfance.
Derechef je reprends mon bouquin. Je tombe là-dessus:
"Les adultes-enfants m'ennuient, ce sont des cannibales. Ils ne sont propres qu'à se nourrir de la vitalité des autres. Ils ne se perçoivent pas. Et parce qu'ils ne se perçoivent pas, ils ne peuvent pas vivre et ne sont rien d'autre qu'avides, du regard ou du sang de quelques autres".
Bizarre, de trouver ça dans un polar.
8 heures, le réveil va sonner. Je retourne me glisser dans mon lit, dans les bras de l'homme que j'aime.

Finalement l'art est-il si important ? J'aimerais tellement me convaincre que non, mais j'y arriverai pas, je le sais d'avance.

J'ai envie d'une nouvelle histoire. Et pourquoi pas ?

mercredi 4 octobre 2006

Haïkus



Au printemps dernier, je me suis plongée dans les haïkus. Ces petits poèmes courts japonais m'intriguaient.
La contrainte est rude et je me demandais comment on pouvait faire quelque chose qui prenne doucement aux tripes avec un cahier des charges aussi lourd.
Je dois admettre que je m'y suis laissée prendre. C'est beau, précis. J'y ai trouvé des images, des émotions pures, nettes, concises à l'extrême. J'ai donc essayé d'en écrire quelques uns. J'ai pas beaucoup de talent pour les contraintes et mon écriture qui aime tant jouer des contrastes a eu autant de mal à se glisser dans les contraintes qu'un marin des iles à se glisser dans une paire de chaussures fermées.
Mais j'ai écrit des trucs et je vais continuer à en écrire plein parce que j'adore ça mais sans les contraintes de pieds, de rime et tout ça.
J'en ai fait une première fournée sur le thème un peu érotique pour en faire un tout petit carnet. Bobi, qui est une grande dame que j'admire, m'a fait la gentillesse de les illustrer.


Mon regard suit la courbe de tes seins.
Le vertige le prend, il tombe dans l'abîme.