Naya blog

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lundi 30 avril 2007

Un panier plein d'herbes


Samedi dernier, il y avait tellement de choses à voir à la fête des plantes de st Jean de Beauregard que même les gargouilles en avaient plein les pattes.


Pic: moi

En bonne sorcière, je suis allée comme chaque année faire provision de plantes indispensables à mes petites potions à savoir mes histoires.

J'ai un penchant très marqué pour les herbes qui soignent et qui se mangent. Ça date de longtemps Quand j'étais toute mais alors toute petite, je faisais de la soupe à la boue qui mijotait dans un chaudron imaginaire à savoir une vieille boite de conserve et à laquelle je rajoutais des herbes. Après j'essayais de la faire bouffer aux chats mais ils étaient pas d'accord, je ne sais toujours pas pourquoi.

Passons sur les années ados où je testais les propriétés hallucinogènes de la laitue sur les copains sans grand succès et sur mes débuts en aromathérapie. J'avais mon petit succès notamment pour soigner les rhumes au cajeput, les brûlures à la lavande et les égratignures à la peau d'oignon et au plantain. J'ai eu aussi ma période herbe qui fait rire à laquelle je rajoutais du thé vert à la menthe.

J'ai cru que j'allais réussir à me calmer. Et puis non. Pendant nos soirées d'astronomie. dans le stade de mon si joli village (qui ne voit jamais un ballon et qui est plein d'herbe-qui-pique-le-cul, de l'arrête bœuf que ça s'appelle. Vous imaginez ? Une herbe tellement piquante que ça vous arrête son quintal de bœuf lancé à pleine vitesse ? ), je disais donc qu'on s'était mis à distribuer des tisanes avec ce qu'on avait comme plantes dans le jardin et épices dans le placard. Ça faisait marrer ma mère qui concoctait des romarin-cannelle, des sauge-menthe, des thym-anis et tout ce qui lui passait par la tête ce jour là et même que les gens en redemandaient.

Aujourd'hui, j'ai un Doux qui se passionne pour les jardins du Moyen-âge, un joli jardin ça ressemble à ça . Évidemment le notre il ne fait que débuter. C'est tellement bien la culture en carré, c'est tellement fait pour les feignasses que je me demande comment on pourrait s'en passer. Pas de mauvaises herbes, beaucoup moins d'insectes et tout à portée de main.

Tout ça pour en arriver à ce que voulais vous dire : que je me délecte des noms et des odeurs de mes emplettes de samedi:
les tomates cornues des Andes (ça c'est celles que je préfère), les graines du rouge vif d'Etampes achetées sur le stand de Kokopeli, la santoline qui sent le médicament, l'artémisia qui m'inspire fortement pour le nom de mon héroïne, la micromérie grecque qui sent le fromage (vous les entendez là les cris des chèvres ?), la sauge dentelle qu'on porterait bien en bijou et l'odeur, ah l'odeur si envoûtante, si sensuelle, si extatique, si… de la menthe chocolat !!!

Je vous souhaite un très bon 1er mai et bouffez pas le muguet c'est toxique !

Totalement crétin: A lire là, une histoire particulièrement édifiante. Une révolte d'internautes. ça demande un peu de patience pour lire toute l'affaire mais ça vaut le coup.

Dimanche Puisque c'est sa fête, je vous conseille de vénérer St-Colman qui, à ce qu'il parait est connu pour avoir rédigé une prière contre la peste qui a fait des miracles.

mercredi 25 avril 2007

La Voie du bain



Dune pratique en ce moment la Voie du bain. Une technique de vie méditative qui consiste à alterner bains de poussière et bains de soleil. En ces temps troublés et d'horizons incertains, Dune nous incite à pratiquer la Voie du Chat.











Trauma: Page 40. Et elle nous en a rajouté 15 !

Comparatif des propositions "écolos" des candidats chez Raffa: http://raffa.over-blog.com

Et n'oubliez pas! dimanche 6 mai ce sera la st Petronace et comme dit le diction de Haute-Marne (qui fera écho au diction de la st Aproncule cité plus bas).
"Si le vote de la ste Aproncule t'a fait mal au cule, à la ste Petronace vote gourdasse"

vendredi 20 avril 2007

Un si joli village



Pourquoi est-ce que les élections c'est toujours au printemps ? Je sais pas par chez vous mais par chez moi, c'est le seul moment où il y a des choses intéressantes qui se passent.
Et puis il y a le jardin ou la sieste c'est selon ,et là c'est franchement inhumain. C'est qu'il faut s'habiller, monter dans la voiture et défiler devant une brochette de faces de carême qui a l'air de sortir d'un enterrement.



Il faut dire que par chez moi ça craint. Chez moi c'est la Beauce. La riche. Un si joli petit village bien à droite de la droite et encore un peu plus loin et même au-delà. Chez moi, il n'y a pas une seule tête exotique et le Fucking Nazional fait ses bons 30% au bas mot.
Ma la vallée est belle, je le redis quand même, si charmante même que le we c'est défilé de touristes devant la maison. Y'a plein de belles et grosses maisons souvent vides avec des molosses et des gardiens. Dès fois, on voit passer de ces voitures étrangères, de la Rolls et de la Bentley qui sont l'apanage des bonnes et vieilles fortunes françaises grand teint.
Dans mon si joli village, tout près de la patrie d'Audiard, on a un château. Point, nenni ne fut-il vendu à quelque émir lointain, en son temps il fut vendu à une héroïne du cul. Han, han, voilà qui fit bien tripé les ex-paysans.

C'est là que j'habite depuis presque 20 ans.
Quand je suis arrivée, les mœurs des autochtones nous ont un peu choqués. C'est des malades qu'on s'est dit. On va revendre fissa. Les gens ne nous parlaient pas parce que nous étions des étrangers. Pensez vous: on venait de 20 kms plus loin ! Ils rentraient dans notre jardin pour mater et commenter en refusant de nous parler. Un soir, j'ai même reçu un démarcheur qui criait à l'aide devant mon portail: le voisin le poursuivait avec sa pétoire. J'ai recueilli le malheureux. Le voisin outré, me signifiât qu'une femme ne devait pas recevoir d'homme chez elle en l'absence de son mari.

Bon, je pourrais en raconter plein d'autres, de ces anecdotes à la con.
Et donc on a voulu rester quand même, mais on a prudemment décidé de ne pas côtoyer cette engeance bizarre. On a fait de la résistance et des actions commandos.
Notre maison étant alors une vraie ruine, je passais le plus clair de mes journées à faire le maçon, burin marteau et pioche à la main. J'ai fini par leur coller la frousse. Une fille maçon armée avec l'air de méchante humeur, ça refroidit. J'en ai raccompagné un ou deux jusqu'à la rue. Le jardin sécurisé, il fallait ensuite que je sécurise les abords. A savoir que les rustres s'étaient mis à m'espionner derrière la vieille porte alors que je travaillais à piocher le sol de terre battue. Je jurais alors comme le plus vil des charretiers, de banlieue qui plus est. J'ai exercé en ce temps là mon talent pour le langage fleuri et j'avoue que j'en garde un très bon souvenir. Clair que remontée comme je l'étais, j'étais devenue prête à mettre mon poing dans la figure du premier pequenot qui oserait violer mon intimité.
J'ai la couenne dure et pourtant j'ai failli renoncer.

Encore aujourd'hui, il arrive assez souvent que des nouveaux venus repartent quelques mois plus tard, découragés. Mais nous on a tenu bon.
On travaille ailleurs, on s'amuse ailleurs, on a nos amis à Paris. Ça ne nous a pas empêcher de faire l'animation dans le village les soirs d'astronomie à rameuter les parisiens par centaines mais ceci est une autre histoire.

Ô démocratie chérie faut-t'y que je t'aime à la folie. A chaque élection c'est la même chose. D'abord il faut que je m'habille, que je tombe les habits de jardin au profit de quelque chose de plus sobre.
Même comme ça, je fais pas raccord avec la populace qui sort le costume, le tailleur, les perlouzes à plusieurs rangs et la quincaillerie en or. Un autre âge que je vous dit !

Dans la salle des fêtes quand on va voter ça sent la cantoche de la veille et la laque du coiffeur des mémères. En rang d'oignon, comme des oiseaux de mort, presque sans parler tellement ils se connaissent et se détestent de toutes façons, sont alignés comme partout ailleurs les exécutants et les assesseurs.
On y va en famille maintenant que les deux grands sont majeurs. Ça fait 4 votants qui n'ont pas la tête à voter comme il faut. On fait le petit trajet tranquillement jusqu'au grand registre des signatures sous l'œil désapprobateur des corbacs et là, depuis presque 20 ans, on me fait remarquer que " votre nom de jeune fille? C'est pas français ?"
Ben non ça l'est pas. C'est européen. Et puis de toutes façons avec ma gueule d'Irlandaise je l'emmerde la vioque. Le grand père qui m'a donné son nom avant de venir en France combattre les gens de la droite des années 40 il était Italien, Autrichien et même Yougoslave il fut un temps. Et tout ça sans changer de ville.

Je blablate, je blablate mais il ne faut pas oublier le plus important de ce que j'avais à vous dire. Il y a des gens, il ne faut pas voter pour eux. C'est mal.
L'autre petit méchant, il a pété un câble, c'est mon Doux qui me l'a dit, vu qu'il s'y connaît super bien en fous. Il a pété un câble comme l'autre des années 30-40. Vous vous rappelez, celui qui avait la petite moustache ?
Faites pas les cons, votez pour l'autre, là… Celle qui a un nom à faire se poiler le restant de l'humanité quand ils sauront qu'on l'a élue présidente de la république. Je sais, c'est dur quand on la voit comme ça à jouer la Madone, paradant du sein comme si elle allait en nourrir la république mais on a pas le choix. Hein ? On lui tapera dessus après de toutes façons.

Ça va être dur de traîner ma couenne cette fois ci. Il fera beau, j'ai pas envie de voter pour elle, j'aurai des courbatures de mes folies de la veille. Ça va être dur mais moins qu'à un certain deuxième tour, où j'avais réussi à me bouger en me disant "plus jamais ça".
"Plus jamais ça" c'est aussi ce que les gens disaient après la guerre. Faudrait voir à tenir parole.

vendredi 13 avril 2007

Woman at work



Je pourrais raconter des histoires de vie, de mort, de pouvoir et de colère aussi pour expliquer ce long silence bloguesque. Mais je crois que je vais m'en tenir à une petite carte postale vu que j'ai choisi en guise d'exutoire de me remettre au boulot. So, I'm a vey busy woman.


pic: Elek my Doux

Les cavaliers maintenant l'entouraient.
Sur les pavés de la cour, les pas des chevaux résonnaient. Le visage couvert de poussière, beau comme un demi dieu à contre jour dans le soleil de cette après midi de printemps, l'un d'eux s'avança.
- Hola, gente dame, je viens délivrer à Dame Emeline un message de la plus haute importance. Est-elle séant ? Pourriez vous me mener à elle ?
La jeune femme fit claquer son sécateur sur la dernière rose qui vint rejoindre les autres dans le bouquet qu'elle venait de confectionner et se retourna vers l'homme qui l'avait apostrophée. Elle dévisagea son interlocuteur et le trouva à son goût. Elle esquissa un sourire . A son habit, elle reconnût l'insigne de la corporation et ne posa pas de question.
- Venez ! Dit-elle. Vous seul pouvez me suivre, les autres attendez ici. Je donnerai des ordres pour qu'on s'occupe de vous.
Ce disant elle leva les yeux vers lui et vit que ses pupilles étaient rouges.
- Pauvre homme, se dit-elle. La maladie fait chaque jour plus de victimes. Elle secoua la tête et soupira.
- Hâtons nous donc.

Mais la vérité c'est qu'en ce jour presque chaud d'un après midi de printemps à l'hotel Cluny à Paris, mes oreilles résonnaient encore du concert de Neïmo auquel j'avais assisté la veille. .
Assis sur les bancs dans la cour, des rangées entières de touristes serrés comme des pigeons devant un reste de sandwich commentaient diversement en de multiples langues les pages nobles de l'histoire de France médiévale.
Quand les cavaliers entrèrent dans la cour en faisant grand bruit , aucun ne le vit, personne ne les entendit, sauf moi et mon Doux qui prit la photo à ce moment là.
Debout au milieu de la cour, j'étais en train d'inventer une histoire que je coucherai le soir même sur le papier. Voluptueux privilège de l'écrivaine.

Trauma : On en voit le bout.

22 avril: Votez pas n'importe quoi car c'est la fête à st Aproncule. En Berry occidental, y'a un beau dicton qui prophétise un truc qui rime. "Si tu votes n'importe quoi à la st Aproncule, faudra pas t'étonner....."