Naya blog

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mercredi 30 mai 2007

Lieux d'énergisement.



Vendredi j'étais . Je n'ai pas résisté à un deuxième concert des Parisians.
C'était bon comme de se tenir sous une pluie chaude d'été.
Au fond de cette toute petite salle, il y a un mur accueillant contre lequel je peux m'adosser et faire du pogo mur. Au fond de cette salle à chaque fois j'y croise Philippe Manœuvre qui, même si je ne l'apprécie pas tellement, c'est quand même la voix du rock de mes 18 ans. Ça fait tout drôle.
Quelques jours plus tôt, avec ma ptite famille nous étions à Versailles pour la nuit des musées. Une visite de nuit après deux heures de queue fort agréable en compagnie de la population locale. Quel rapport entre les deux me direz vous ? La zique.


Pic my Doux

Nous étions là, à la lueur des lumières tamisées du château, parcourant les salles au parquet craquant, matant dorures et angelots dodus quand nous entendîmes, venue d'un autre âge la voix de Monsieur de Saint Simon nous narrer ses mémoires de courtisan à la cour du roi Louis XIV. Le pauvre homme, l'imaginez vous, expliquait avec une jolie voix de fausset quelque peu maniérée comment un faquin faillit lui dérober sa bourse un soir de bal.
Je ne sais pourquoi cette bande son, peut-être un peu courte, puisque le temps de traverser l'antichambre du roi, nous l'écoutâmes bien 10 fois, eut l'heurt de provoquer notre hilarité à mon fils et moi. Ni une, ni deux, tout à notre jeu de rôle nous voilà partis à converser comme il se doit avec le doux plaisir de se faire remarquer par l'assemblée.

Dame, nous causions Grand Siècle à la mode Saint Simon accompagnant nos divagations nocturnes de quelques pas de menuet fort à propos.
Et c'est là que nous rencontrâmes les Teutons.
Nous les primes de prime abord pour des ambassadeurs venus des rives du Rhin mais rapidement, à leurs manières, et leurs bagages nous comprimes qu'ils n'étaient que de la gent ordinaire en visite. Ils portaient de grandes housses qui manifestement ne pouvaient contenir ni clavecin ni viole de gambe. Non, rien que des instruments des plus communs: des guitares.

Comme je remarquai l'élégance de leurs perruques et que je tentai de deviner à leur mise leur exacte origine, mon fils me répondit
- ce sont des Métalleux, ce qui explique, mère, leur admirable chevelure. Ils ne peuvent jouer sans, m'assurât-il cette cascade capillaire est essentielle à la pratique de leur Art, voyez-vous.
- Diantre, des Métalleux Teutons. Comme vous y allez, mon fils, me récriai-je.
Puis ils s'éloignèrent.
De notre côté nous terminâmes notre périple, tout en admirant les broderies végétales des jardins enténébrés sous les regards complices de Vénus et de la lune en conjonction réunis.
A l'extérieur, nous croisâmes la queue qui s'était enflée comme une grenouille mégalomane depuis notre départ et nous retournâmes au parking rejoindre notre carrosse auprès duquel s'était en notre absence garé un chariot des plus communs.
Tranquillement, nous sortîmes de quoi nous restaurer et reprendre quelques forces avant d'affronter les rigueurs de la conduite de nuit.
Nous découvrîmes, stupéfaits que les Métalleux Teutons nous côtoyaient. Ils arrivèrent en criant et vociférant dans leur langue barbare, Déjà bien imbibés, énervés comme des puces sur un bichon frisé, ils sautaient dans tous les sens et se taquinaient.
Le Teuton est taquin, tout le monde le sait.
Impassibles, nous consommions dans le noir tout relatif de la nuit versaillaise, notre frugal souper. Les forts Teutons, qui ignoraient toujours notre présence, pendant ce temps jouaient à cache-cache entre les carrosses. S'amusant de peu, il s'en prirent à mon rétroviseur. C'est alors que je m'amusai à ouvrir ma fenêtre et à leur faire un petit coucou.
- Oh putain ! Entendis-je. Désolé madame, on le faisait pas exprès.
Et voilà c'est ainsi que telle la Vertu triomphant sur le Chaos, je terrassai les Teutons qui, tout penauds, montèrent à leur tour dans leur chariot et s'éloignèrent.

Trauma: bouclage prévu pour juillet.

A propos de notre Petit Père du Peuple voici un lien vers une vidéo qui m'a faire rire mais en fait rire jaune, en guise d'introduction à ma prochaine note http://www.youtube.com/watch?v=vJd1Oj5RYvA

mercredi 16 mai 2007

Paysage sonore


Background négatif sporadique: chiens qui gueulent. Voitures qui roulent trop vite. Deux-roues sans pot et quad à la con. Tracteurs. Klaxons au carrefour. Coups de frein. Tondeuses. Cyclistes qui braillent. Les voisins qui prennent l'apéro.

Background sporadique positif: Oiseaux de jour, oiseaux de nuit. Les osiers qui grincent. Le vent dans les peupliers et les clochettes japonaises qui sonnent à la volée. Miaulement des chats. Ane qui braie. Paons qui se font la cour. Chevaux qui passent Enfants qui jouent. Cloche de l'église les jours de vent du nord. Bourdons qui bzzztent.


Pic: moi

Je n'ai pas fini de pester, de tempêter contre les bruits intempestifs de la connerie humaine, même sporadiques, ils ont une nette tendance à se relayer, chassant les bruits des choses douces. Il suffit qu'un seul de ces sales clebs se mette à aboyer pour que se taisent les oiseaux.
je savoure comme on mange une barbapapa à grosses bouchées la consistance de ce que j'appelle le silence. Mais, à bien y réfléchir, en fait de silence,.ce serait plutôt le monde des bruits ténus auquel je pense. Maison qui craque, la chaleur de l'été, la pluie qui goutte.

Ma découverte de cette année ce sont les osiers qui sont devenus si gros que les troncs se frottent les uns contre les autres en faisant des bruits de panier. Et puis l'osier ça pleure, surtout en plein cagnard, l'osier fait tomber de petites gouttes de sève, fluides comme de l'eau, comme s'il voulait rafraîchir ses feuilles.

Et puis il y a la musique. Je ne sais pas écrire d'histoire sans musique. Et mon écriture plutôt visuelle est incapable de se passer de sa musique comme un film sa bande son. J'écris au son de musiques énergiques, rapides et mes doigts courent sur le clavier le plus souvent à leur rythme.

Pour les images et la musique je suis comme mes osiers, j'ai facilement la sève à l'œil. C'est embarrassant mais extrêmement pratique pour écrire. J'entre en transe scribouille. Hermétique à tout ce qui se passe autour, dans ma bulle hors du temps, je bouge dans l'histoire. Entre mes deux yeux il y a une sorte de Louma frénétique qui danse.

Je ne saurais donc dire à qui mes textes doivent le plus des Kills, Mozart, Anouar Brahem, du Hadouk trio, des B.O. de films comme Arthur, Avalon, Hero, Master and Commander, 300 , the fountain, des groupes celtiques comme Capercaillie. Du rock garage dont je vais maintenant suivre les concerts dans de toutes petites salles à Paris et surtout de l'incroyable énergie de Neïmo.Et j'arrête là la liste avant de trop vous fatiguer, à cliquer sur tous les liens.

Je tourne à la musique comme d'autres à la picole mais j'assume mon addiction haut et fort. N'empêche que je me demande un peu beaucoup si c'est pareil pour vous.

Franchement le sujet m'intéresse. J'aimerais bien en savoir plus sur la création dans cet état à part proche de la transe.