La miss Axelle m'a taguée. Soit. Me voilà conviée dans une danse étrange avec 7 voiles à tomber. Allez pas croire qu'en dessous vous me trouverez à oilpé, ce serait sans compter que je suis une fille compliquée.


Pic moi

Le premier voile comme une mousseline qui ne rimera pas avec schizophrénie. Pourtant c'est bien ce que j'ai du être pendant des années. Entre la réalité de ma vie et mon costume de femme publique. Et oui, msieurs dames, même si j'ai refusé de porter le tailleur pied de poule j'ai tout de même fait ma maligne à la radio et à la télé, serré des louches à la louche, coupé des rubans, bu des kirs déguelasses et même causé à des ministres.

Le deuxième voile, en coton léger pour faire une ombre tranquille au lecteur passionné dira que des livres je ne sais me passer. Pour l'instant, ils sont environ 3500 à se serrer sur mes étagères. Je les classe comme dans une bibliothèque. Je leur attribue mes cartes postales en guise de marque page. Je les lis, je les relis. Quand je ne les relis pas, je les touche. Je n'en ai presque jamais jeté. J'en ai toujours une bonne pile à lire et parcourir les rayons d'une librairie me procure des sensations presque rougissantes de plaisir. Ma première passion fut pour Robinson Crusoë, mes premières histoires d'amour c'était San Antonio, mon premier livre acheté toute seule c'était un livre de Freud quand j'avais 12 ans et à partir de 14 ans j'hésitais entre vivre la vie de Baudelaire et celle d'Henri Miller. J'ai laissé de côté Bukowski et Castaneda mais c'était moins une.

Le troisième voile est en tissu à faire la poussière. Il parlera peut-être mieux que moi des objets qu'il ne caresse pas aussi souvent qu'il le devrait. Et même des fois pas du tout, vu que la poussière je m'en fous. Elle fait partie du charme. J'ai une passion pour les objets. Chacun m'entraîne dans un voyage. Ma maison en est pleine. Des fois j'aimerais me dire que cela me gène mais c'est même pas vrai. Tant qu'ils parlent je les aime, quand ils se taisent je les oublie. Je ne peux me passer d'eux et pourtant si je devais partir sans rien laisser derrière moi, ce ne serait pas un problème. Ils sont tous dans ma tête.

Le quatrième voile est en éponge, parce qu'il parle de l'eau que j'aime avec déraison. J'ai nagé partout où je l'ai pu, dans les mers, les rivières, les lacs, les torrents, les fleuves, les mares, les étangs, les piscines évidemment en commençant par la baignoire comme tous les enfants. Pour professeur particulier, j'avais un ancien plongeur de l'armée qui était dans les commandos disait-il. Il m'a donné le goût de l'apnée et j'aurais bien aimé qu'il soit mon grand père.

Le cinquième voile est en poil de ce que vous voulez, pourvu que l'animal n'ait pas été tué mais ait gentiment donné de sa fourrure abandonnée au printemps. Il symbolisera le côté sauvage qui pousse tout seul dans les bois. Ma mère avait coutume de préférer m'envoyer jouer dehors par tous les temps, et ce n'était pas mon père qui voulait que je sois militaire qui m'aurait incité à rester à la maison. Les deux formaient un couple "esprit sain dans un corps sain". J'ai pas beaucoup aimé leur philosophie martiale mais j'ai quand même eu de bons moments. Avec le temps, j'essaie de moins leur en vouloir.

Le sixième voile est en lin pour parle de la fille qui bricole. Dans ma maison je me suis jetée sur tous les corps de métiers avec passion. En fin de compte je manie avec plus de plaisir l'aiguille à broder, le pinceau et le rabot que le béton et la meuleuse . De toutes façons dès le départ c'était fichu, je n'ai jamais joué à la poupée, au lieu de ça je les démontais. Plus tard, mon père m'emmenait forger avec lui quand il faisait des animations de rue. Et je suis fièrement titulaire d'un CAP de peinture en bâtiment avec spécialisation lettres et décors.

Le septième voile est en velours car c'est celui de l'amour. Il est en velours cramoisi car rien ne me semble plus érotique que celui-ci. La poésie de l'art a bien plus d'effet sur moi que le spectacle d'une grognasse qui s'agite en cadence car pour le coup, ça, ça ne me fait rien du tout. Pour me séduire, il me faut l'eau, le vent, les étoiles et de l'art, ah oui, de l'art, respirons respirons. Et puis l'amour n'est pas qu'érotisme c'est aussi celui que l'on porte à ses enfants, ses amis quand ils veulent bien le rester et les animaux aussi bien évidemment. Aimer fort, tout le temps.

Et voilà, maintenant je laisse mes voiles épars sur la scène et je grimpe dans les cintres. Je m'évade dans les coulisses du théâtre et tire ma révérence jusqu'à la prochaine note. Je tague sans chichis tous les gens qui sont dans mes favoris, comme je les aime bien, je suis curieuse d'en savoir un peu plus mais chacun fait ce qu'il veut c'est pour ça que je ne donne pas de noms.

Je voudrais vous remercier pour vos petits coms sympas. Quitte à révéler, je dois vous dire que je n'ai pas une santé top délire, c'est pour ça que des fois je décroche et que des simples rhumes se transforment en des catastrophes. Mais je me soigne

Et à la prochaine note, j'ai un truc à vous annoncer tadam