J'arrive pas à écrire. C'est pas que les idées, les choses à faire où les sujets manquent mais ça vient pas.
Et c'est carrément angoissant. Plus le temps passe plus la deadline se rapproche et plus sous le chapeau ça panique.
Pourtant tout va bien dans ma vie. Après les déboires de l'automne dernier avec la rupture d'avec mon alter ego boulot, les divers séjours familiaux à hôpital, les emmerdements divers et variés, il semblerait que j'en ai fini pour l'instant avec le côté Murphy de la tartine.


Pic: moi


En un an, j'ai questionné une partie du répertoire shakespearien en matière d'interrogations sur la vie. Jusqu'à présent la mort s'était techniquement tenue loin de moi. Non pas en termes de sentiments mais en termes logistiques.
Et maintenant voilà qu'elle me fait coucou. Bien sûr, on a eu chaud, cette fois c'est de loin mais tout de même. Elle est là, dans le train qui s'apprête à partir et elle me fait signe d'un air de dire: au prochain départ c'est à toi de préparer les valises des voyageurs et de faire l'adieu sur le quai de gare.
Ouais ben, ça me passionne pas. Je vois que les gens autour de moi vieillissent, et même si je n'ai pas fini de régler mes comptes avec eux, ma place dans la société est inscrite et c'est ainsi.

Quant à ma rupture, j'en ai pas fini de me questionner sur les relations humaines.
Moi qui m'étais jurée de ne plus faire confiance à qui que ce soit, je me suis retrouvée embarquée dans une relation d'une beauté extrême dont je sais maintenant que sa perfection était le reflet de la mythomanie de l'autre.
Partagée entre la colère et la compassion c'est seulement maintenant, au bout d'un an, que je commence à ne plus en faire de cauchemars.

Mais j'ai beaucoup appris sur moi. J'ai pu voir des choses que je ne voyais pas. J'ai pu me dire des choses que je n'arrivais pas à me dire et finalement je me suis un petit peu réconciliée avec moi-même.
Je n'ai pas encore le droit de me laisser aller sous peine de voir les chiens de l'enfer revenir me gueuler aux oreilles mais ça va venir.

Et à part ça quoi de neuf ?
Ben tout va bien. J'ai rencontré des gens, je m'apprête à monter une entreprise, mon Doux grimpe les branches de l'arbre à boulot avec une aisance qui me fait sourire, les débuts de la vie d'adulte de mes deux grands enfants prennent quelquefois des airs de contes de fée. Tout ça est un peu magique.

Nonobstant, devant le clavier, Il faudrait que je me bouge, mais ça veut pas.
Mes héros peuvent bien se fâcher, me dire qu'ils ankylosent, coincés qu'ils sont dans la dernière scène où je les ai laissé tomber.
Les amis me secouer pour que je termine, qu'enfin il soit question d'aller se vendre auprès des éditeurs, les blogueurs trouver mon silence pesant. Nenni, la mule peut-être d'avoir trop été bâtée ne veut plus avancer.

Et Trauma. Ce petit fanzine de rien du tout m'a un peu chamboulée. De toutes les nouvelles que j'ai écrites, il y en a une qui fait votre unanimité. C'est ce qui me trouble.
La bougresse, je l'ai écrite d'un seul jet. Pas le temps.
Alors maintenant que j'ai un nouveau trauma à écrire, je sais plus. J'ai le doigt qui traine une compulsion maladive vers la touche suppr.

On dit que quand on trouve que ce qu'on fait est nul c'est qu'on a avancé.