J'ai jamais su faire partie d'un groupe sobrement. Je suis une fille à part. Où on m'aime ou on me snobe mais c'est rare qu'on m'intègre comme un élément d'un tout.


Pic: my Doux

En fait, dans mon enfance bizarre,à l'école, j'étais la fille sur qui on tape et ça forge un caractère. Le prétexte c'était que j'avais un nom de famille italien. Moi, qui suis blanche comme une irlandaise, on m'affublais de noms d'oiseaux bien méditerranéens dont je ne comprenais pas toujours la signification. Je me vengeais en étant la première de la classe assise à glander au dernier rang. Ça les énervait et j'aimais ça.
Mais basta comme disait le grand père (et vous connaissez là à peu près le dixième de mon vocabulaire italien), je crois que j'attirais les foudres, pour une toute autre raison, c'est que je n'ai jamais su nager avec le courant et même que c'est une seconde nature.
Papoter du temps qu'il fait, ça me gonfle. Hurler avec les loups, ça me hérisse le poil.

Résultat, dès que j'ai su me défendre, j'ai pris la tête de tous les groupes dans lesquels je me trouvais ou bien j'en devenais la foldingue de service sous peine de me faire jeter. Évidemment la plupart du temps je me suis faite jeter.

Au boulot par exemple. J'ai toujours essayé de faire passe muraille. Au bout de 15 jours, j'étais devenue tellement transparente qu'on oubliais de me sortir avant d'éteindre la lumière. Le remède était simple, il suffisait d'arriver avec chapeau à fleurs et tenues extravagantes et de tenir des propos sucrés acides pour retrouver mon grand rôle habituel: la fille avec qui on va faire des bêtises, celle à qui on dit tout, on ose tout mais pas celle qu'on invite à la party machin machère dès fois qu'elle nous plombe l'ambiance.
"Jean de la Lune" qu'on m'appelait dans la famille. Allez savoir pourquoi, toute petite déjà je le chantais à tue-tête sur l'air du "gare au gorille" de Brassens. Ce qui évidemment choquait. Au début, je savais même pas pourquoi.

Et ben ça a pas changé, et pis ça veut pas.

Mon apartitude, j'en ai fait mon métier et je suis devenue coordinatrice de choses insensées. Puis je me suis mise à l'écriture et à force de réfléchir, petit à petit j'ai échafaudé une sorte de théorie sur la vie que je m'apprête à enseigner aux autres. Tout ça ayant l'air bien prétentieux, retranchez les mots de 90% de leur potentiel et vous obtiendrez à peu près ce que je suis en train d'entreprendre.
Je c'est d'ailleurs pas le mot juste. Avec moi, j'ai deux zigotos qui ont les pieds un peu plus sur terre que moi.
Ça prendra l'aspect de stages puisque l'idée c'est d'appliquer les grandes idées au concret qui fait du bien.

Le premier stage portera sur la pâte d'amandes. Nos futur initiés apprendront à devenir des sorciers confiseurs pour mettre un peu de magie dans leur vie et dans celle des autres.
Cela aura lieu le 13 octobre, au foyer de l'YMCA au théätre Trévise à Paris. Ce sera un huis-clos.Et j'ai un putain de trac !