Naya blog

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vendredi 28 décembre 2007

Tendres douceurs




Pic: moi


Meringues douces et rondes comme des seins de fées, marrons glacés comme le temps, oranges confites dans le sucre des iles, calissons fauteurs de pâmoisons, chocolats mâtinés de noisettes, petits gâteaux aux airelles. J'ai troqué ma plume contre une cuillère en bois. Je teste, je mitonne, je ravis des papilles et quelquefois je m'abandonne.

Mon héros de papier est parti quelques temps en villégiature chez une magicienne qui a su me redonner le sourire et le courage de ressortir mon manuscrit du placard où la douleur et la colère l'avaient enfermé.

Je sais qu'elle maintiendra ferme ma main sur le gouvernail pour finir d'écrire cette histoire. Mais elle aura du boulot et c'est pas gagné.

Je suis une écriveuse calino dépendante et je donne ma plume à ceux qui ont envie d'histoires. Tour à tour sont passés ici des gens qui voulaient bien me porter un peu avec leurs mots doux. Certains passent en coup de vent, d'autres en tornade. Certains sont des lutins qui posent leur grain de sel mine de rien, d'autres contre vents et marées s'accrochent malgré mes vagues plus ou moins bien roulées, un autre m'a permis de me révéler à son contact mais en fin de compte a failli me détruire, D'autres viendront pour un moment ou pour longtemps. Toutes les histoires douces sont tellement bonnes à vivre. L'idée du futur est exaltante.

Si ça se trouve, à cause de vous, je vais finir par aimer les gens.

vendredi 14 décembre 2007

Fêter Yule au solstice



Depuis que j'ai fait mon entrée en sorcellerie imaginaire, je découvre avec plaisir sous le plâtre occultant des religions du Livre, les anciennes croyances et les anciens rituels.


Pic :moi


En tombant par hasard sur les livres de Claude Lecouteux, j'ai découvert également qu'on pouvait faire de l'archéologie avec les textes.
Tout comme les couches de sédiments qui s'accumulent au fil des siècles, les textes des contes et des légendes peuvent tout aussi bien se dépouiller de leurs oripeaux chrétiennes et révéler leurs richesses.

Évidemment on en vient à être triste de voir que certaines traces sont définitivement effacées par le vernis appliqué. Que sous le terme générique de diable ou de démon se cache pourtant une incroyable diversité d'êtres surnaturels que nos ancêtres vénéraient et que la princesse, loin d'être prude et nunuche dans ses cotillons courait les bois, se baignait nue dans les lacs et au passage faisait l'amour avec les faunes mâles ou femelles si l'envie lui en prenait.
Cette frustration toute neuve, ne vient qu'étayer encore plus l'obsession qui taraude mon écriture de retrouver le sens du libre arbitre de l'individu.

Je ne crois à rien et tout du moins je préfère rester neutre. J'ai toujours dit tour à tour que si dieu existait soit on était pas du même bord soit que j'avais deux mots à lui dire.
En fait, pendant longtemps j'ai mené ma propre croisade d'athéisation et puis quand dans ma vie j'ai eu à croiser souvent la mort, quand j'ai vu la peine des parents qui venaient de perdre un enfant, j'ai bien été obligée de me rendre à l'évidence que ce besoin qu'ont les humains de surnaturel prenait dans ce cas tout son sens.

Dans une société, la croyance religieuse est un flux constant qui parcourt les couches de pouvoir de bas en haut et inversement. Elle est un besoin inhérent à chaque individu et est l'instrument du pouvoir. Plus une société est organisée, plus le nombre de divinités se restreint.

La découverte pour moi l'année passée du génocide de la chasse aux sorcières (grâce à l'œuvre de Robert Muchembled) qui a eut lieu non pas comme on a coutume de le croire au Moyen Age mais sous le règne de Louis XIV, artisan talentueux de la nécessaire centralisation du pouvoir indispensable à cette époque là, a été la découverte d'un premier chainon manquant qui faisait défaut à mes quelques connaissances en sociologie et en psychanalyse sur lesquelles je m'appuyais pour trouver une justification (il faut savoir se regarder en face) à la déification planétaire de mon dieu perso de toujours à savoir J.R.R. Tolkien.
Enfin, ce que j'en dis c'est un raccourci mais en vrai, je me suis toujours demandée comment ce mec avait fait pour avoir un tel succès planétaire. "Autant vendu que la Bible" que ça disait, et j'imagine que ça été vrai pendant un temps. D'où mon idée, puisque Tolkien avant d'être écrivain, était surtout un chercheur qui travaillait sur les anciennes légendes qu'il n'avait certainement pas fait tout ça par hasard ou que si certaines choses lui avaient échappées, il avait forcément du se dire que si les légendes sur lesquelles il s'appuyait pour écrire son œuvre romanesque étaient encore là c'était qu'il devait bien y avoir une raison profonde planquée dans les cerveaux humains.

Depuis ça, j'ai navigué dans les méandres de l'histoire, des flots impétueux aux mangroves riches et obscures. J'ai godillé en somme jusqu'à remonter au paléolitique avec le texte essentiel de Jean Clottes sur le chamanisme dans les grottes ornées.

En ce moment, je m'intéresse plus particulièrement au sens de la fête et de sa persistance dans le temps à des dates fixes.
Nos fêtes sont avant tout affaire de rites agraires et correspondent pour la plupart aux solstices et aux équinoxes. Evidemment cela parait on ne peut plus logique de constater que les anciens n'ayant pour tout spectacle que celui de la nature, les rythmes des saisons et l'observation des étoiles donnaient le ton à toute activité humaine. Oui, bien sûr mais pas seulement. Le besoin de se tenir chaud en hiver, de lutter contre l'obscurité, ou bien celui des sensualités du printemps persiste bien que nous n'ayons même plus tellement conscience qu'il y ait des étoiles qui brillent au-dessus de nos têtes.

Je me suis donc tournée depuis quelques temps vers les fêtes celtiques parce qu'elles existent toujours, planquées dans les fêtes chrétiennes. Et elles ont une bien plus belle saveur et un éclat sans pareil.

On peut croire ou ne pas croire, là n'est pas la question. La question est plutôt d'observer le comportement humain. De prendre conscience que depuis l'avènement de l'homo sapiens sapiens, notre cerveau n'a pas bougé d'un iota. Il est rigoureusement le même et il a les mêmes besoins, les mêmes déductions.

A tous ceux qui exècrent Noël tel qu'on le connaît actuellement et dont je fais partie finalement, je propose de le fêter quand même sauf qu'au lieu de vénérer le petit Jesus dans les langes, je propose de fêter le soltice d'hiver tel qu'il se pratiquait avant.
Il y aura du rouge, du vert, du blanc, moult ripailles et même le père Noël et sa hotte remplie de cadeaux. Mais il n'y aura plus tout ce carcan de rituels familiaux obligés, codant les liens qui nous lient sous la grille du bien, du mal, des anges et des démons avec la culpabilité pour chef d'orchestre.

Point n'est besoin de vider son compte en banque puis de se faire fouetter par son banquier. Le plaisir de s'offrir, de faire un peu don de soi ou celui de recevoir n'a rien à voir avec les marchands. Un baiser peut suffire, l'important c'est d'en avoir envie.

Le sourire des lutins prend un air espiègle, ses yeux brillent. Hum…. A quoi pensent-ils ? Mais à la même chose que vous tiens donc !

Alors, dans vos rêves les plus fous, par qui aimeriez vous être embrassés ?

mardi 4 décembre 2007

Requiem for ma carte mère



J'étais pas là. J'aurais pas du. Faut dire que ma vieille carte mère, elle avait tendance à s'accrocher à moi. Elle et son vieux processeur faisaient une paire diabolique, capable de mener mes fesses d'écrivain geek le plus souvent possible vers mon ordinateur. Alors forcément la première fois où j'ai découché, ces deux là se sont entendu pour me faire la crasse du siècle: ils se sont suicidés. La main dans la main, sans un chuintement à peine quelques menaces, ils ont profité d'un enième merdoyagedélestage sauvage d'EDF pour mettre la clé sous la porte.

Moi, pendant ce temps-là, guillerette, je patassais de la pâte d'amandes avec Fauvette et soeurette. Il faisait beau. Sur les toits de Paris, dans l'atelier d'Eiffel, on se la coulait douce. Y'avait un bon petit rhum au bar, ça sentait le chocolat. Du bonheur en barre, je vous le dis.

Après on est remonté dans les caisses pour aller manger un bout du côté de la campagne de soeurette.
Dans la nuit, y'avait un vent à décorner les boeufs normands. D'ailleurs sur la route, on en a croisé un qui avait valsé grandiose en plein milieu de l'autoroute. Je crois bien qu'il en avait été quitte pour une grosse peur. Enfin bon, j'aurais du y voir comme un signe. J'ai rien vu nom de nom.

Quand soeurette après que nous nous soyons tapé un bon gueuleton sous le regard de ses greffiers indignés, nous a proposé de s'en taper un petit de roupillon, j'aurais du dire non. Et puis, je sais pas ça a été plus fort que moi. J'ai appelé la crèche pour leur dire qu'on ne rentrerait pas. Ma carte mère, elle a pas supporté parce que c'est juste après ça que le malheur est arrivé.

Mais je savais pas, hein, je le jure. Je savourais le bon dodo de la chambre d'amis des bois. Je lisais "un mordu" de Chandler. Ah si Marlowe avait été là, il l'aurait senti le drame.

Aujourd'hui, je m'en mords les doigts. Là pendant que je vous parle, c'est avec l'aide de mémère la carte mère de mon vieux pote le portable. Les mails sont dans les choux, rien de plus puissant que paint pour traiter les photos. La vie, je vous jure, c'est une chienne de galère.

Encore 4 jours à tenir à ce régime là. Putain, aidez moi, je sais pas comment je vais tenir. Le petit sablier qui s'affiche à chaque clic devant mes yeux semble vouloir me rendre folle. Je suis au bord du gouffre, de la déchéance, de la décrépitude, du Grand Rien et de l'Autre Ailleurs.
Peut-être que j'arriverai à vous faire un édit avec une photo et tout ça. Rien n'est moins sûr.
On se sent si petit, si frêle, si fragile dans ces moments là !