mercredi 30 janvier 2008
Adddiction
Par Naya, mercredi 30 janvier 2008 à 12:54 :: Incipit
Si j'avais à écrire une thèse de socio (si ça se trouve ça risque de m'arriver mais c'est une autre histoire), nul doute que ça porterait sur les blogs.
Tout y est passionnant y compris le comportement de ceux qui n'y connaissent rien et qui se mêlent de tout. Je pense tout particulièrement à ces mauvais psy qui accusent forcément Internet d'être la cause de nos déboires de la tête.
Internet est le Mal, les rapports sociaux sont virtuels. Virtuels voulant dire irréels. Et pour un peu ils arriveraient à nous faire gober ça. Enfin, si: ils y arrivent tout de même, conditionnés que nous sommes par une société qui tourne toujours sur ce vieux ménage à trois plaisir-culpabilité-douleur.
Enfin, à ce que j'en vois la société elle a envie que ça change, de toutes façons elle a pas le choix, c'est juste sa masse graisseuse qui est lente à bouger.
Y'a un petit peu aussi de ce vieux réflexe très animal d'être à la fois apeuré et attiré par la nouveauté. La peur atavique de ce qui est inconnu; de l'étranger.
Les bons vieux acteurs sont en place reste plus que le scénario: l'addiction. . L'addiction c'est rechercher une complétude par une pratique qui engendre des néfastitudes en toute conscience.
Soit; Donc j'observe en général et je m'observe en particulier. Après j'en parle aux potes pour voir si ça croise.
Quand Internet est arrivé à la maison en 99, ça m'a fait l'effet d'une fenêtre qu'on ouvre en grand un matin de printemps après l'hiver. Je mâchais de l'oxygène !
Je ne dis pas que tout le monde dit tout ou ne ment jamais, je pense simplement qu'il y a beaucoup de choses intéressantes à lire entre les lignes et que les mensonges sont aussi vrais que ceux que du collègue de travail qui te raconte sa soirée télé alors qu'il a chialé toute la nuit et que c'est cela qui l'obsède. On voit bien qu'il a les yeux rouges L'homme qui se fait passer pour une femme ou inversement ne me choque pas. Je crois que c'est sa réalité et que il-elle ne le sait pas. Et là, même la duplicité devient intéressante.
De fait, nous mentons tous. Tout du moins nous arrangeons la réalité.
Parce que nous avons pour la plupart besoin de dire ce qui nous obsède, ce que généralement nous ne pouvons faire. Nous sommes obsédé par cette libération de la parole et je n'y vois aucune addiction. Cela n'est pas néfaste, ce qui l'est c'est le carcan dans lequel nous maintient certaines relations sociales et notamment la quasi impossibilité de parler de sexualité. Le carcan nous étouffe et nous fait chercher de l'air pour respirer.
Il y avait l'autre jour chez Samantdi un billet très courageux qui parlait de cela justement . Le billet et la conversation qui s'en est suivie sont vraiment très intéressants à lire. Ils ont particulièrement raisonné en moi parce que ce sujet est au cœur de mes préoccupations.
Tout me pousse à écrire sur l'érotisme. Mes recherches, mon "engagement politique", les proches qui me lisent. Et pourtant je ne le fais pas. Parce que je m'autocensure.
Tout d'abord parce que je ne l'assumerai pas, en tous cas pas pour l'instant. Le modèle habituel obligeant a nous classer soit catégorie mère soit catégorie pute, j'ai du mal à m'imaginer lire dans le regard des autres la deuxième catégorie. Au moins dans la première ils me foutent la paix.. Je n'ai pas envie non plus de me faire gougueuliser et que la lie de l'humanité s'égare chez moi à se donner le plaisir que je n'ai pas envie de lui donner. Pour le coup, je me sentirais salie.
Donc quand je vous écris un billet, en théorie, si je devais réellement mettre tout ce qui compose ma réalité d'écriveuse, ce serait vachement torride ici. J'ai mon carcan, je le vois, il me gène et me fâche mais comme tous, je ne peux que travailler à en desserrer un peu les liens. A ronger les cordes petit à petit. Tous ensemble. Alors addiction ? Non ! Le Mal ? Oh que non !
Le Mal pour moi pour l'instant il est au pouvoir. Le Mal c'est la manipulation quotidienne des médias, le Mal c'est nous faire croire que le consumérisme c'est le Bien et que la complétude par l'achat compulsif et l'individualisme est la solution pour vivre ensemble.
Evidemment, Internet qui nous donne enfin le moyen de faire cela, d'avoir les infos en direct live, les faits bruts sans manipulation, c'est gênant pour nous faire avaler la pilule, les canards rechignent au gavage. Nous devenons des Hansel et des Gretel qui se seraient carapatés avec le garde-manger pour le distribuer à tout le monde.
Tout ça pour dire quoi ? Comment c'est venu dans ma petite tête ? C'est les pauses blog qui fleurissent à cette époque en prétextant des tas de super bonnes raisons mais je crois bien que les vraies raisons sont soit qu'on nous a bourré le mou avec cette histoire d'addiction, soit que c'est comme d'habitude: c'est la faute à janvier et février qui s'entendent super bien pour pourrir la vie des humains sans compter la Révolte des Machines qui tombe toujours en début d'année.
Sur ce, après ma pause blog que je pense avoir terminée, je m'en vais écrire les contes de l'édredon.
PS: J'ai deux amies qui m'ont inspirées ce billet. Toutes deux avec de bonnes raisons qui font exception à mon propos. L'une dit qu'elle est un tonneau vide et l'autre qu'elle est une éponge. Est-ce un message caché à peine voilé et alcoolisé ?
Bisous à toutes les deux et revenez bientôt. 


