Naya blog

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mardi 25 mars 2008

Notes de couleurs





Des fleurs jaunes posées sur quelques flocons de neige
De l'herbe d'un vert si tendre qu'on aimerait se rouler dedans, givrée.
Les doigts blancs de froid et rouges de chaud.
D'un pied sur l'autre sauter pour se réchauffer.
Le lapin de Pâques avait mis une petite laine et caché le bout de son nez sous une grande écharpe.
Le feu crépite dans la cheminée, deux grosses bûches pour tenter de se réchauffer
Un bol, deux bols trois bols de thé fumant.
Le chat qui à peine de dessous sa couette sort le bout de son nez.
Masaho en Norvège se fait reforger par une déesse païenne.
Jeanne sensuelle, hante ses rêves éveillés
Artemisia laisse tomber la bd et tombe amoureuse d'un dessinateur qui veut bien la croquer.
Héros est en désintox chez un suricate emballé.
Les jeux d'ombre et de lumière hantent mes nuits frileuses.
Attendre l'été, rêver du bruit de la mer en été.
Et écouter Midnight boom des Kills en croquant les reflets urbains de l'asphalte mouillé.

lundi 3 mars 2008

Pas tout à fait une reprise, juste une note pour expliquer des choses en vrai de moi



Une note qui ne parle que de moi de façon très perso. Pour les lecteurs de passage, reprise des choses de l'écriture d'ici quelques temps.

J'ai appris.
Ce qui ne te tue pas te rend plus fort.
Ce n'est pas exactement vrai.

Ce qui ne te tue pas te rends plus résistant pour que ça puisse recommencer.

Ce qui ne te tue pas te laisse des cicatrices avec lesquelles tu dois vivre.

Ce qui ne te tue pas te donne le choix désormais entre victime ou bourreau

Ce qui ne te tue pas t'oblige à te soigner pour vivre.

Ce qui ne te tue pas te rend coupable au mieux de faiblesse au pire de vivre

Ce qui ne te tue pas n'implique en rien réparation de celui qui a voulu te tuer.

Mais les choses changent. J'ai laissé la porte ouverte sur le désespoir, sur ma faiblesse pour voir si quelqu'un m'entendait, si quelqu'un venait.
J'ai décidé d'arrêter de dire que je n'ai besoin de personne. Je croyais avoir fait rupture avec mon enfance. En fait non. J'ai réussi à ne pas reproduire et à ne pas être un bourreau pour les miens mais je n'ai jamais su avoir une quelconque estime de ce que je suis.
Il y a des choses dont je crois pouvoir être fière dans la vie, et je ne suis battue pour elles avec toute la capacité à encaisser dont j'étais capable mais j'ai l'impression quand j'en parle de crier dans le désert.

Peut-être ai-je en fin de compte une inaptitude à la souffrance ?

Au bout. Il y a un bout. Celui de la vie. Les médecins me gonflent. Ils me disent que ça ne va pas, que le bout de la vie n'est pas loin pour moi si je continue comme ça. Je me bourre de médicaments mais ça ne suffit pas. Ce que j'inflige à mon corps par mes maux d'âme pour ne pas dire de tête m'use inexorablement. Mon cœur est fatigué, il ne veut plus du stress que je lui impose. Le fait est qu'hier je n'ai même pas eu la force d'étendre mon linge sans frôler le malaise.

La rupture avec certains comportements est d'une urgence vitale et ça tombe bien parce que j'ai un bon programme .

Ce genre de comportement qui m'a amenée à ne pas prendre en compte un certain mal de dos pendant 20 ans pour ne pas avoir l'air de me plaindre et qui fait qu'aujourd'hui je suis en train de perdre l'usage de mes jambes. Pas de panique, je récupèrerai pas tout mais ça va s'arrêter sans problème.
La vérité c'est que les choses sont devenues différentes et peut-être que je n'aurai pas du par pudeur écrire ma dernière note. Il n'empêche qu'elle a été salutaire. Non pas que je n'ai pas difficilement encaissé certaines absences mais pas grave: il y a eu des présences et même des confirmations de présence et puis les mails et tout ça.
Non pas que je surinvestisse ces témoignages, seul le temps peut nous amener des certitudes (et effectivement pour certains il les a déjà amenées) mais ces témoignages sont réels. Ils témoignent que j'existe, que je ne suis pas qu'une fonction au mieux ou une gène au pire.
Ces témoignages ont la force nécessaire pour m'aider à contrer cette sorte de poison familial que distille ma mère en taillant ses rosiers d'un air souriant juste après le repas dominical "ma fille, ma pire erreur dans la vie, c'est toi". C'est un poison qui me va droit au cœur et mon cœur il menace de s'arrêter de battre tout simplement.

Voilà.
En général sur mon blog, je ne me raconte pas trop, tout du moins que je raconte finalement que des choses qui arrivent à tous ou bien seulement le métier d'écrire. Mais en y regardant de plus près je vois bien que note après note il y a comme un appel au secours qui fait filigrane.

Ma dernière note faisait suite à un big bang familial. Depuis ce jour, on tente le big crunch sur de nouvelles bases.
Je suis toujours super fragile mais j'ai des nouveaux médicaments qui devraient faire effet. Dans les temps à venir, je vais devoir m'abstenir de certaines choses difficiles du genre passer du temps à Paris mais ma maison est ouverte aux amis, aux poètes, aux artistes, aux doux rêveurs et aux fous qui ont les pieds sur terre. Le printemps montre le bout de son nez. Et puis j'irai faire un tour dans la maison des bois et en Belgerie les bagages chargés de calissons maison. J'ai un long travail à accomplir. Je dois me jeter un peu dans l'inconnu pour y parvenir. Je ne sais pas où je vais.

J'ai du suspendre les dates de stages pour quelques semaines mais je ferai une note bientôt pour vous raconter où ça en est. Heureusement que je ne fais pas les choses toute seule.

Il n'y aura pas de nouveaux recueils du StudioAffects à l'occasion de Paris Manga mais il y aura notre stand avec ce qu'on a déjà produit.

J'espère que vous avez été nombreux à vous procurer l'album d'Adan. Faut se grouiller, tout le monde se l'arrache.