Naya blog

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samedi 29 novembre 2008

De retour



En vrac
Retrouver les calins des chats, le chien qui saute de joie.
Sentir à nouveau les odeurs de la vie.
Utiliser un fauteuil roulant, sachant que je vais bientôt pouvoir m'en séparer au profit des béquilles.
Répondre aux mails, lire les notes, retrouver les amis.
Attendre tous les jours l'infirmière qui passe à n'importe quelle heure entre 7 et 15 heures.
Dormir dans la salle à manger en attendant d'être capable de monter l'escalier.
Piloter les choses de la vie en direct du fauteuil de l'ordi ou du canapé.
Utilser la Force pour faire le ménage (au secours Obi-Wan Kenobi !).
Tenter de faire quelque chose avec mes miettes d'OniriQ. La saison est ratée.
Organiser les sorties et surtout voir les amis.
Retrouver la chaleur de son corps dans les draps de satin couleur cerise et dormir au coin du feu.
S'apaiser.

dimanche 23 novembre 2008

Prendre l'air

Bon, ayé on dirait que pour l'instant la bête gît à terre en pleine agonie. Elle m'a tout de même mangé la bougresse. Mon pied a quelques trous comme si un monstre avait planté ses crocs dedans et s'était barré avec un morceau.
Reste plus qu'à l'empêcher de revenir. Enfin le monstre pas le morceau.

Je commence à comprendre ce qui m'est arrivé. J'ai appris qu'il y a des gros méchants qui habitent le par terre. Ce sont des super costauds qui tuent en quelques jours et s'ils ne tuent pas ils savent contaminer les os et un os contaminé il faut l'enlever.
Tout le monde est immunisé sauf exception dont je fais partie. La moindre écharde plantée dans mon pied est une porte ouverte pour les gros vilains.
C'est un peu comme pour Windows, les failles sont nombreuses. Dans ces conditions si la génétique est aussi douée que les codeurs de Windows, c'est à se demander comment l'humanité a pu survivre.

So….. J'espère que je vais arriver à gérer dans le futur.

Désolée de vous avoir tous fait peur.
Ce qui fait sauter mon petit cœur de joie c'est de voir que diantre, des potes j'en ai et pas des minables. Vous assurez grave ! J'en ai pleuré le Niagara mais ça fait du bien et ça donne des forces. De ce côté je suis super costaud !

Je suis à la maison ce we. Je retourne à l'hôpital lundi avec un dossier béton pour leur dire que c'est gentil mais que maintenant il va falloir qu'ils me lâchent. C'est pas gagné même si je suis aussi entourée médicalement, familialement et amicalement que les joyaux de la couronne dans un film des années soixante. Ils auraient tendance à vouloir me rendre à la vie civile avec certes un pneu neuf mais également avec la suspension, les roulements, la direction et un coup sur le pare-brise tant qu'on y est. Y'a du boulot mais je pense que je suis assez grande pour piloter le ravalement de chez moi.

Dans ma chambre toute blanche ouverte sur le rien, je visite les mondes intérieurs. J'ai découvert le journal du futur http://www.sousrealisme.org. Les premiers épisodes datent de 2006. Je vous le conseille. Ça tape dur sur notre Tout Petit Père du Peuple.

A propos de nains, j'ai appris des tas de choses sur la vraie vie en vrai dans l'histoire des nains et des elfes. Il faudra que je vous raconte quand j'aurai retrouvé mes esprits J'ai appris par exemple que la fête celtique du solstice d'hiver Yule signifie "sacrifice aux elfes". Voilà qui va me réconcilier avec Noël.

J'entrevois une bonne idée pour une fête païenne à base de légendes au coin du feu. Ce qui est bien avec les fêtes païennes c'est que c'est quand même un peu toujours le même scénario une fois les choses de la ritualité et des mystères réglées. Il y a toujours un bon banquet arrosé qui finit avec des câlins une fois que les petits sont couchés.

A je sais pas quand mais dans pas longtemps.

lundi 17 novembre 2008

Y'en a une qui veut ma peau. Nouvel épisode.



Si vous passez par là par hasard, ce n'est pas la peine de lire la suite, ce n'est pas une note, c'est plutôt un mail aux amis.

Je repars à l'hopital. Pour longtemps. Un bon hopital à ce qu'il parait. J'espère que c'est vrai mais je suis terrorisée.
Il y a une bactérie qui m'a envahie. C'est une serial killeuse, elle aime beaucoup tuer les gens en quelques jours.
Pour moi, ce ne sera pas le cas mais on l'a évoqué. Peut-être que j'y laisserai tout de même un pied ou une jambe selon si on arrive à la traquer, la cerner et la tuer ou si elle arrive à s'échapper.
Je dois donc être sous surveillance constante, antibiotiques en perfusion.
Ici, c'est un peu le désarroi. La menace est presque irréelle. Je me sens en forme, juste une douleur au pied gauche.
Je pars demain matin, je ne sais quand je reviendrai.
Je n'ai pas le temps de vous mailer et je fais cette note un peu comme on téléphone en urgence à la famille.
De toutes façons, en guise de famille je n'ai que vous. Je ne m'en plains pas c'est une belle famille qui fait rêver.
Le fait est que je ne vous raconte pas ça, je n'ai personne à qui le raconter.
Mon Doux, les enfants et moi, on va encore avoir besoin de vos tendresses pour tenir le coup.
Vos tendresses c'est aussi de nous aider à ne pas arrêter les projets en cours, le studio, le dessin, l'écriture et la fabrication des plumes et des oreilles de chat.
Nessae, c'est le bon moment pour me demander de t'aider pour Transition.

C'est le moment de me demander mon avis sur les trucs écrits, les idées que vous avez. Du fond de mon lit, je ne vois qu'une montagne de choses à faire à abattre pour ne pas sombrer.

Mon Doux et les enfants me feront parvenir vos mails. J'aurai un ordi mais pas de connexion qui me permettra tout de même de lire vos blogs et de me tenir au courant.

Je vous embrasse.

jeudi 13 novembre 2008

Regard sur le corps médical.

J'ai fait une petite éclipse santé. C'est pas fini et me voilà encore coincée chez moi à attendre que l'infirmière passe faire le pansement avec son lot de petits plaisirs associés que sont la dépersonalisation et l'infantilisation de celui qui est en faiblesse.
Moi je vous dis il existe un monde parallèle qui gère notre vie dans lequel on est régulièrement projeté. Comment expliquer autrement le fait d'être obligée de se battre pour de simples petites choses qui semblaient allant de soi la minute d'avant ?
Quelque chose qui serait comme la raison d'Etat appliquée à un microcosme.
Le corps médical est un tyran qui sauve généralement ses patients mais qui les tue aussi, qui les mutile, les brise psychologiquement.
Personnellement il ne m'a pas tué mais le reste oui. Je pense que je ne retrouverai jamais l'usage correct de mes yeux. Pour tout dire j'ai un peu la trouille d'aller consulter, il me faut du temps pour m'y préparer, je sais déjà que s'il y a quelque chose à faire ce sera long et douloureux.
Quant au psychologique, j'ai bien du mal à retomber sur mes pattes de chat. Un séisme m'a fait vaciller sur mes bases. je m'en sors en étant hyperactive, je danse sur le volcan mais je sais que je serai incapable d'affronter ce qui m'est arrivé une seconde fois. Je sais que le suicide sera une solution bien séduisante dans ce cas.
La dégradation libérale de notre système de santé, la paupérisation, le vieillissement de la population ne font que renforcer les risques de dérive et notamment les dérives psychologiques qui mènent au pire.
M'imaginer vieille et dépendante dans ce monde là me fait frémir voire m'est carrément insupportable. Heureusement la génération baby boom sera passée avant moi. L'euthanasie a de beaux jours devant elle et les moyens de se faire sauter le caisson seront un jour disponibles sans ordonnance dans les bonnes pharmacies.
Sommes nous obligés d'en arriver là ?

Tout ça ne donne pas le coeur à bloguer mais pour cette fois mes ennuis de santé sont presque terminés tout du moins je l'espère, on ne sait jamais avec ces putains de microbes.
Je pourrais écrire mais il ne sort de mes doigts que la colère. C'est bon signe chez moi mais ce n'est forcément intéressant à lire et ne produit que des commentaires assez nuls dans vos maisons virtuelles.

Pour finir, ça n'a rien à voir avec le reste mais je rappelle qu'il y a encore actuellement en France, tous les quatre jours, une femme qui meurt sous les coups d'un homme. Un petit rappel nécessaire pour tous ceux qui trouvent ça romantique en écoutant le nouveau disque d'un homme qui a commis cet acte et qui fait sa pub avec.