lundi 31 janvier 2005
Par Naya,
lundi 31 janvier 2005 à 11:18 :: Incipit
Hier, j'ai terminé une nouvelle. Je suis contente parce que je l'ai écrite en une journée. Elle a pris ses 3 semaines de mûrissement mais au bout du compte, je ne corrigerai presque rien.
C'est une nouvelle sf qui raconte une transe initiatique.
Encore deux trois histoires promises et je me réattaque aux tapuscrits. ça va dégager ! Et hop !
Bande-Son: Chumbawamba
Humeur du Moment: Mitaines, chapeau et thé de Chine. Old english ?
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Par Naya,
lundi 31 janvier 2005 à 11:16 :: Incipit
Il était une fois à Louches dans le Pas de Calais, un couple de gens simples qui s'aimaient beaucoup. Leur maison était petite et leur jardin tout autant mais cela leur suffisait car ils n'avaient pas d'enfant.
Un jour la femme mourut et son mari fut inconsolable. Pour faire passer sa peine il commença à décorer sa maison avec du béton, des petits morceaux de carreaux, de la peinture et même des vases et des pots tout entier.
Mais cela ne suffit pas à le consoler. Alors son chagrin le dévora, on appela son mal un cancer. C'est bien plus pudique que tristesse. Comme l'homme était vraiment très très triste, on finit par dire un cancer généralisé et l'on confondit incurable avec inconsolable.
Le vieil homme était d'accord pour se soigner mais comment faire pour enlever le souvenir de sa femme ? Tout son corps se rappelait d'elle. Autant tenter de lui extorquer un divorce posthume avec celle qu'il aimait encore. C'est pour cela que tout ce qui fut tenté échoua.
Pendant ce temps, il continuait à sculpter. Il sculptait des arbres, des fleurs, des animaux. Il sculptait des autels avec des santons et des boules de Noël. Bientot le jardin devint un jardin de pierre.
Alors, quand son œuvre fut terminée, à bout de force, rongé par la douleur, il se donna la mort .
Un lointain neveu reçut la maison en héritage. La maison n'était pas vendable. L'œuvre avait tout dévoré. C'était un mausolée.
Il eut une idée de génie. Il fallait faire vite. Un lourdaud de service accepta sa demande sans chercher à savoir. Le lendemain matin les bulldozers étaient sur place et dans la matinée tout fut rasé. Le lopin de terre fut vendu une misère puisqu'il ne valait pas grand chose.
Cela laisse dans ma tête l'image d'un lac d'amertume. Rien ne bouge à part le nuage noir qui passe au-dessus. Certains jours, il arrive que le nuage laisse échapper un vigoureux éclair qui frappe le seul petit personnage de la scène qui trempe au milieu du lac. Il a le visage de la cupidité et de la bêtise.
Nous avons croisé l'œuvre de ce monsieur alors que nous étions en vacances chez une amie. Pas de chance, nous n'avons jamais pu le rencontrer. Je vais tenter d'en savoir un peu plus sur lui. Je vous en reparlerai.
Bande-Son: St Saens: carnaval des animaux
Humeur du Moment: Salade de fruits chantilly
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mercredi 19 janvier 2005
Par Naya,
mercredi 19 janvier 2005 à 11:14 :: Incipit
Et voilà, ça recommence ! Me voilà noctambule hantée par mes histoires.
Elles me réveillent la nuit, sur un coup de lune et pas possible de me rendormir avant de les avoir couchées par écrit. J'ai bien dit que c'est les histoires qui se couchent. Pas moi ! Elles, elles s'en foutent: elles s'étirent pendant des pages et des pages comme des chats et moi je dors toujours pas.
En ce moment, je retravaille sur les mythes de création du monde. ça fait vachement savant comme ça mais en fait, c'est assez simple. Les mythes c'est fait pour être racontés donc c'est facile, si tu captes pas ton public, il est parti où s'est endormi avant la fin.
Bref, me voilà hantée par le renard pâle et la cosmogonie Dogon.
En général, j'essaie de ne pas me laisser faire (c'est pas le renard pâle qui lève les momes et qui fait le tit dej, faut voir la réalité en face).
Et un jour, j'ai trouvé un truc vachement bien pour m'obliger à ne pas réfléchir: la broderie. Ce machin que je pratiquais au début comme un médicament au goût amer est devenu un vrai plaisir obsessionnel.
Et pour m'accompagner dans la fraicheur de la nuit, je me fais du thé. Une grande théière et une petite tasse (quelqu'un a dit que la théine empêche de dormir ? Ah bon ?)
Mes nuits sont dorénavant de doux océans de plaisir. Si je pouvais dormir juste deux heures ce serait formidable.
Oui mais voilà….
Bande-Son: Le souffle du vent dans ma vallée
Humeur du Moment: Mon oreiller: je t'aime
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lundi 17 janvier 2005
Par Naya,
lundi 17 janvier 2005 à 11:12 :: Incipit
Vendredi j'ai passé ma journée devant l'ordi à vivre un truc historique. L'atitanissage de la sonde Huygens sur Titan.
Comme tout ce qui touche à l'observation en astronomie soit on est occupé à régler son matériel soit on s'enmerde en attendant que l'autre ait fini de régler le matos et c'est là qu'on devient philosophe.
Huygens a donc été larguée plusieurs heures avant qu'on ait les premières images. Ça laisse du temps pour réfléchir. Dans ma lucarne, on voyait la salle comme dans les films avec des scientifiques assis derrière leur console, les yeux rivés à l'écran. Rien ne bougeait et pourtant la tension était palpable. Les visages tendus, les tripotages de stylo, les grattages d'oreilles. Un thriller minimaliste.
La vie ce jour là ressemblait à un film.
Et quel film ! 2001, rien de moins.
Au final c'est un nouveau monde qui est apparu devant nous. Des cailloux, des rivières, des rivages, des falaises. De ces courbes qui nous sont familières saut que c'est pas chez nous. C'est ailleurs, c'est sur Titan.
Toutes les autres images sont sur le site de l'ESA
http://www.esa.int/SPECIALS/Cassini-Huygens/SEMBQO71Y3E_0.html
Bande-Son: Une valse de Strauss
Humeur du Moment: Astronome en émoi
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dimanche 9 janvier 2005
Par Naya,
dimanche 9 janvier 2005 à 11:08 :: Incipit
Elle écrit
Elle recopie
La vie
Scribe de chair
L’albâtre autour du cou
Elle crie
Elle inscrit
La vie
Dans nos chairs
Les bras autour du cou
Elek
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samedi 8 janvier 2005
Par Naya,
samedi 8 janvier 2005 à 11:04 :: Incipit
Si ! si ! Des photos de Naya à poil. A voir à cette adresse:
Cours zy vite
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jeudi 6 janvier 2005
Par Naya,
jeudi 6 janvier 2005 à 10:55 :: Incipit
Jusqu'à présent chez 20six on était pas mal. L'immeuble était sympa, pas trop contraignant, on était pas trop enmerdés par les voisins. On pouvait faire de la musique et dzoïnguer des vers avec ou sans pied jusqu'à pas d'heure.
Oui mais voilà: ils nous on mis un digicode. On comprend bien qu'ils ont voulu bien faire en empêchant les vilains vrp de nous fourguer des aspirateurs, des montres, des cravates, des croisières dans des hotels de rêves en Thaïlande (super promo en ce moment, si, si, mangez-en).
Bon alors je disais: le digicode. Cette saleté de code qui refuse de s'afficher empêche tous nos copains de venir faire la fête avec nous.
Selon DDminette, quand on se plaint au syndic, il répond à côté de la plaque.
Alors...
Franchement, ça a l'air de quoi cet appart tout vide? Quand on parle ça résonne, on a l'égo qui boursouffle à force de se parler à soi-même. Moi je vous dis, c'est pas bon pour la santé. Si ça continue on va devoir déménager.
Bande-Son: Ambiance cathédrale
Humeur du Moment: A part ça tout va bien
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mercredi 5 janvier 2005
Par Naya,
mercredi 5 janvier 2005 à 10:43 :: Incipit
Pour ceux qui n'auraient pas suivi le feuilleton " les aventures du
chocolat chaud" sur le blog de Bobi je remets la recette ici, car, je
viens de lui apporter une amélioration qui va révolutionner l'univers:
LA MOUSSE !
J'ai trouvé dans le grand supermarché des meubles suédois tout plats,
un touilleur à lait. C'est tout petit, ça marche avec des piles, ça
vaut presque rien ET ça fabrique des centimètres de mousse dans tatasse déjà carrément trop bonne.
Au commencement,
verser le lait dans la casserole. La quantité pour sa tasse. Se raviser. Rajouter le double. Se cacher des
gourmands et de leurs nez furtifs ou bien échanger sa petite casserole contre
une marmite.
Pour une tasse, il
faut deux barres de chocolat, un peu de sucre blanc ou roux et/ou de miel.
Juste un peu.
Sortir la cannelle.
J'ai dit la cannelle, pas le vieux machin qu'on exhume du placard. De la
fraiche qu'on hume pour se faire saliver.
Ensuite on sort un
petit fouet pour bien faire comprendre au lait qu'il a intérêt à pas déborder.
Bien fouetter à feu doux, faut que ça mousse ! Pour savoir si c'est à bonne
température, on trempe le petit bout de son doigt. Si ça fait mal, c'est que
c'est prêt.
Avant de verser, se
poser la question de savoir si on rajoute un soupçon de rhum ou de whisky.
Juste un soupçon alors, hein ?
Maintenant on peut
se servir. Pas dans n'importe quelle tasse. C'est important: il faut laisser la
place pour la mousse. Plonger son touilleur et touiller autant qu'on veut.
Et puis si c'est
jour de fête on couronne le breuvage d'une colline de chantilly.
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dimanche 2 janvier 2005
Par Naya,
dimanche 2 janvier 2005 à 16:06 :: Incipit
Hier, j'ai rencontré une très
vieille dame à l'occasion du nouvel an. Dans le cours de la discussion autour
d'un gâteau et une flûte pétillante à la main, elle lance à qui veut l'entendre
"ah, vous avez vu la catastrophe ?".
L'effet, certainement involontaire,
est immédiat : un blanc (ou peut-être même un blême) s'empare de l'assemblée. Quelques
instants, mais perceptibles qui imposent une réaction. Vite ! Dire quelque
chose exprimant l'émotion, la gravité de la situation. Vite ! Un lieu commun
qui permette de zapper vers un sujet plus adéquat au repas de fête, sujet de la
réunion. Et en plus, c'est délicat de parler des morts, des corps, des images,
avec elle, qui du haut de ses 93 ans est plus concernée que moi par cette autre
réalité naturelle : celle qui, même sans raz-de-marée, fait refluer la vie en
fin de compte.
Non, décidemment ce sujet ne
sied pas à ce jour où la télé reste éteinte plus que de coutume.
Donc, l'instant est à combler,
la nature ayant horreur du vide, je tente un acquiescement de circonstance pour
gagner du temps : "Ho, oui, vous avez vu ça ?".
Zut ! raté ! J'ai fait le
contraire de ce que j'aurais du. Je lui ai relancé la balle avec ma question à
la con ! Tant pis, je couperai cours si elle insiste. Je me prépare au pire:
"cadavres dans les bulles de champagne", "gâteau aux
débris", ou "chocolat fin avec maladies tropicales". Je prends ma
respiration, l'estomac prêt à tout.
Elle enchaîne enfin le fil de
ses idées : " Vous vous rappelez la tempête de 99 ? Et bien les dégâts, ne
sont pas tous réparés encore, des hectares et des hectares que ça a touché
!".
Merde, là, elle m'a scotché
dans mes idées plutôt noires ! Mais de quoi elle parle ? La tempête !!! Mais on
s'en fout de la tempête de 99 ! Nous, moi, c'est d'une autre tempête à laquelle
on pense. Pas de forêts couchées, mais des hôtels, des baraques et des corps
enchevêtrés. C'est ça aujourd'hui, l'autre c'est du passé.
Présent ! Passé !
Pour qui ?
Mon présent c'est un passé de
cinq jours. Son présent à elle c'est un passé de cinq ans. Merde alors, nous
vivons dans le présent ou dans le passé ? Mais moi, c'est un "petit"
passé et elle c'est un "grand", moi c'est l'actualité. Merde,
elle aussi puisqu'elle l'a entendu au journal son histoire de tempête de 99. Et
puis ce passé de cinq ans, il a été aussi mon présent ! Enfin mon passé de
quelques jours: l'actualité
Merde, elle fait chier la
vieille avec son histoire de tempête. Elle est complètement à côté de la plaque
! Et ça c'est mon présent, enfin de crois. Mon verre à la main je me demande si
c'est pas déjà du passé.
Le présent n'est-il pas ce que
l'on dit du passé de cinq jours ou de cinq ans ?
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Par Naya,
dimanche 2 janvier 2005 à 16:03 :: Incipit
Vous allez apprendre à l'aimer. Moi je l'aime depuis vachement
longtemps. La plupart d'entre vous mes lecteurs chéris que j'aiment le
connaissent.
Let me introduce my man: Elektron.
Sociologue, un peu psychanalyste, c'est un faiseur de normes, un
titilleur de là où ça chatouille. Pas politiquement toujours correct,
enmerdeur et dérangeant ou bien..... carrément le contraire. A vous de
le découvrir au fil des jours. Sa rubrique à lui se nomme l'agitateur de particules.
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