Naya blog

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lundi 25 septembre 2006

Ame soul



Samedi, bois de Vincennes, festival du Tibet.
Un mandala c'est beau, ça donne envie d'en faire mais j'ai déjà ma broderie. C'est tout pareil.



Sur les traces de mon peintre de Yem, Djoulian, mon compère de travail, a eu l'idée de nous traîner là-bas, histoire de voir si l'air frais du Tibet pouvait nous inspirer.
Je ne sais pas si j'ai vraiment trouvé mon inspiration pour ce personnage mais cette visite m'a permis de réfléchir un peu à mon sujet et à mes souvenirs.

Parce que le festival du Tibet c'est pour ainsi dire le festival du Vatican. C'est tout plein de bondieuseries avec les marchands du temple tout autour et ça fleure bon le tourisme. Soit, mais l'esprit est bon enfant, comme on dit dans les campagnes, et on a vite fait de se laisser porter par cet esprit là. Comme à la fête paroissiale du village.

J'étais là, goûtant béatement le soleil d'automne sous un marronnier quand l'esprit du Chat Rebelle qui est en moi a réveillé ma vigilance endormie.
Il faut dire que quand j'étais ptiote, ma grand-mère, chez qui je passais le plus clair de mon temps s'était donnée comme mission sacrée de m'inculquer les principes de la religion. Ne serait-ce que pour contrebalancer l'influence de ma famille paternelle qui elle, était foncièrement anti-cléricale, vu qu'elle croyait plutôt en Superman (dans ma famille paternelle, on est super-héros de père en fils).

Ma grand-mère était veuve. Une très jeune veuve, mon grand-père ayant de bonne heure préféré, rejoindre prématurément les vertes prairies de nos ancêtres. On allait chaque jour au cimetière, histoire de discuter avec pépé. Et puis il y avait les messes du dimanche matin (avec le curé qu'était pas sympa mais on a appris plus tard, quand il a fini en taule que c'était normal, vu qu'il avait pris l'habitude de se taper les petits copains dans la sacristie). Il avait aussi les cours de caté, ça c'était cool. On écoutait les histoires et on faisait des petits dessins. C'est là que j'ai appris à dessiner gothique (la croix, le sang, vas-y frappe j'aime ça).

Après je suis allée dans une école religieuse. Je crois bien que mémé commençait à tripper sur l'idée que je rentrerais dans les ordres.

J'ai donc fait ma rentrée de sixième dans une école religieuse. Ça convenait à tout le monde, mon père me voyait déjà matée, sage et sortant de l'Ena le front ceint de lauriers. Vous voyez le tableau ? Robe de bure et couronne de lauriers. Un must !
Le week-end c'était sortie en forêt avec les Scrouts (à pêtards pour les fans d'HP). Atmosphère Blair Witch en plein, je me sers toujours de ces souvenirs pour les scènes glauques.

C'est à partir de là que ça a commencé à se gâter. A cet âge là, j'avais déjà de sérieux doutes assortis de preuves précoces que l'histoire de la dame qui se fait niquer par un ange dans son sommeil, ça sentait franchement le prétexte bidon.
Et puis je commençais à réfléchir un peu, sous l'influence de l'éducation politique du côté paternel. Bref, ça tournait vinaigre. Mais j'étais encore cool, exactement comme samedi sous le marronnier. Atmosphère bon enfant.

Et puis voilà, les dessous gothiques des bonnes soeurs ça m'a donné envie de vomir. C'est une sensation qui réveille.
Dans le bruit du scandale de petite fille pas sage, j'ai rejoins l'école publique et milité pour la fin de toutes les religions. A treize ans je voulais mettre des machins qui font boum dans tous les lieux de cléricale perdition.

Finalement, j'ai suivi la Voie du Chat et j'ai commencé à écrire.
Ensuite, j'ai exercé mon métier, et souvent, j'ai écouté le témoignage de parents dont l'enfant venait de mourir et qui trouvaient le réconfort dans l'idée d'un autre ailleurs. J'ai bien été obligée d'admettre que sans cette aide là c'est bien difficile de ne pas devenir fou de chagrin.
Mais au nom de cette idée là, combien de morts en contrepartie ?
Comme l'usurier du marchand de Venise, cette idée là demande en remboursement sa livre de chair et de sang.

Aujourd'hui, chaque jour (j'espère que je vais me tenir à mon planning), j'écris mon roman. Y'a un gros côté mystique là-dedans mais ça va mal finir pour eux, c'est moi qui vous le dit. Fallait pas me le faire voir les coulisses de si près. Maintenant je sais écrire et je sais de quoi que je cause.

J'en suis à 170 pages tout rond. Happy birthday !

Et si maintenant je crois fermement en quelque chose, c'est bien qu'on a pas le droit de se voiler la face. En tant qu'espèce dominante, je crois qu'on est tous responsables, de notre vie de celle des autres aussi, de toutes les autres espèces et de notre planète. Y'a pas plus à dire, le reste c'est du pipo pour cacher notre couardise et pour manipuler les foules.

Je vous préviens y'aura pas de démocratie dans les coms. Que personne n'essaie de mon convertir, c'est pas la peine, et même que ça ferait l'effet contraire.

Y'a pas à dire: l'air frais du Tibet, c'est vivifiant.

TRAUMA: Lisa dessin page 10 en cours, scenar page 20.

lundi 18 septembre 2006

Le Peintre et le Yem



Premières descriptions d'un truc qui a de l'avenir dans mon histoire en cours.

Comme ça vous savez à quoi j'occupe mes we ;)



Le Yem est une baie très dure récoltée sur des petits massifs épineux qui poussent dans le désert. Les cueilleurs les récoltent de nuit alors que la lune se reflète sur elles. C'est le seul moyen de repérer si une baie est parfaitement arrivée à maturité.
Une fois cueillies, elles sont broyées et forment une pâte qui va du jaune au rouge dans des tons d'ocres et d'épices.

Le Yem possède beaucoup de propriétés. Il est un peu remède miracle et certains disent que c'est pas naturel tout ça, d'autres disent que c'est leur dieu qui leur envoie. Les uns les autres se trompent mais pas tant que ça. Bien plus tard, ils comprendront en quoi.
Le Yem crée des modifications de la perception et des influx nerveux selon la façon dont il est appliqué. Sa consistance est crémeuse. Il se conserve dans un petit pot et s'applique avec un pinceau.

Il existe tout un art lié au Yem.
Le Yem est utilisé lors des célébrations et les gens se maquillent avec du Yem les soirs de fête.

Bien plus encore, le Yem est l'outil du Peintre.
Le Peintre est comme un kiné des esprits. Il peint sur le corps de ses patients les motifs qui soignent .

L'oeuvre du Peintre est éphémère:
Le Peintre changera peut-être le monde.

lundi 11 septembre 2006

Immersion



Ce samedi c'était une dernière balade avant ma plongée dans mon roman qui durera certainement sa bonne quinzaine sans interruption.



Balade typiquement parisienne au jardin du Luxembourg pour voir l'expo sur Moirignot. Les petits bronzes à la cire invitaient sous ce soleil sucré d'automne à s'alanguir comme une figue bien mûrie.
D'autant que, et cela ne gache rien, le mec Moirignot avait l'érotisme à fleur de peau.
J'en garde de si chauds souvenirs qu'ils se poseront bientôt entre mes lignes pour chatouiller un peu mes héros.

dimanche 10 septembre 2006

La note fantôme

J'ai retiré ma note précédente qui donnait un lien vers "Minuscule". en fait, on aurait jamais du le voir vu que les auteurs n'en ont pas le droit. Bon, je savais pas. J'ai été un peu vite et j'aurais du leur demander avant.
Bref, bref, bref. C'est pas grave vous aurez largement l'occasion de voir cette série géniale.
Et à demain pour la note du lundi.

lundi 4 septembre 2006

Naïma



Je voudrais vous présenter Naïma.
C'est une fille très spéciale.. Pour une héroïne d'héroïc fantasy, elle n'a absolument rien d'original. Elle est super bien foutue, super intelligente, possède quelques pouvoirs magiques et sait se battre comme personne..
Elle et ses copains forment une compagnie. Ils ont une mission secrète qui changera le cours du monde. Bref, c'est du jeu de rôle en plein.
Et Naïma a une place toute particulière dans ma vie: m'aide à faire mes gammes. Avec elle je teste, j'écris et je réécris. Elle est mon piano du matin, elle m'aide à délier mes doigts.

Au départ, quand j'ai créé ce perso, je voulais un perso qui ne servirait pas pour quelque chose que j'aurais envie de publier. Mais finalement, à force, je commence à l'aimer, c'te bougresse. Peut-être qu'un jour elle trouvera son illustrateur, sait-on jamais....

En attendant, pour illustrer ma note, une image d'un dessinateur vénéré:
Alan Lee.



Extrait du matin:

"Ses pas résonnaient étonnamment fort. On les entendait marteler les dalles avec une virulence que seuls la colère ou le désespoir pouvaient susciter.
Naïma avançait vite. La tête volontaire, légèrement baissée et les yeux levés vers le ciel, elle semblait n'avoir plus peur de rien.
Elle se dirigeait vers la grande porte à double battant. Elle l'ouvrit à toute volée, des deux mains. Elle y aurait mis également les pieds si dans son élan elle avait pu s'arrêter un instant.
Cela fit un grand courant d'air. Les pans du manteau de Naïma volaient autour d'elle. Elle entendit une fenêtre claquer et le bruit du verre qui vient de se casser.
Les bougies furent soufflées au même instant et l'ombre fit place à la faible lumière. NaÏma fit quelques pas dans la pièce puis stoppa sa course.
Elle percut le silence dans l'obscurité, il lui semblait lourd de danger. Rien d'autre que sa respiration semblait vouloir le troubler. Elle mit la main sur la garde de son épée, prête à se défendre.
- Sorane ! Elle criât avec force le nom de son ami.
- Sorane, où te caches-tu, sale petit nain ?
Elle attendit un peu, puis reprit:
- Sorane, si tu ne sors pas de là, je te ….
Mais elle ne put terminer sa phrase, un nain sortit de sa cachette.
- Naïma, ne te fâches pas. Sorane est parti, je ne sais pas où.
- Mais qui est tu ? On se connaît ? Je ne vois rien dans le noir !
Le nain alluma une torche.
- Je suis son cousin, Sorine. Enchanté.
Le nain se courba et fit une révérence.
- Nous étions ensemble il y a quelques instants. Il m'a confié ceci. Il tendit à Naïma un rouleau de cuir rouge qu'elle reconnut tout de suite.
- Euh.. Enchantée moi aussi, fit Naïma. Et elle balaya l'air de sa main d'un air agacé.
- Désolée, mais nous n'avons pas le temps pour les civilités. Ce que vous tenez à la main nous appartient. Il contient des plans que bien des ennemis aimeraient avoir en leur possession. Il faut absolument que je retrouve Sorane. Nous devons partir, la compagnie est en danger.
Sorine la regarda d'un air radouci. Visiblement il lui pardonnait maintenant sa grossièreté.
- Nous avions rendez-vous avec Sorane ici même car il comptait me demander certains éclaircissements sur plusieurs routes qui traversent le territoire des nains. Mais il n'en a pas eu le temps. Alors que nous allions nous installer pour parler, il a mis un doigt devant sa bouche et m'a fait signe de me taire et de me cacher.ici même. C'est ce que j'ai fait. Puis j'ai entendu courir et ensuite plus rien jusqu'à votre arrivée. Mais vous, comment avez-vous fait pour savoir où nous étions ?
- Sorane nous a brusquement quitté alors que nous déjeunions à la taverne. Il n'a rien dit et j'ai juste eu le temps de voir que quelqu'un le suivait. Un membre de notre compagnie l'a suivi de loin.
Le temps passait. Nous avons attendu et commencions à être inquiets alors je suis moi aussi partie à leur recherche. J'ai… euh… comment dire…. Certains dons pour suivre une piste. J'ai retrouvé mon ami inanimé mais vivant. Un passant a réussi à le réanimer et il a pu me dire de venir ici et de faire vite…
Sorine serra sa hache contre lui.
- Je crains que mon cousin courre un grand danger. Suivons ses traces.
Naïma mit un doigt sur sa bouche.
- Chut ! J'entends des pas. Cachons nous. ......"