Naya blog

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mardi 25 septembre 2007

Jacques Prévert, le raton laveur.


Je l'ai lu et relu le père Prévert. Je l'ai découvert à l'école mais j'ai eu la chance de ne pas avoir eu à l'apprendre à coup de mauvaises notes et de punitions. Soit dit en passant, on ne devrait jamais obliger les enfants à apprendre des poésies par cœur. C'est un non sens.
Avec Prévert on peut tout faire c'est très pratique. On peut aimer, pleurer, réfléchir, sourire et même rire.


A la Charlotte de l'île – Salon de thé pour poètes, baladins et sorcières depuis 1972.
Pic: moi

Celui qui me fait toujours autant rire c'est l'Inventaire. Peut-être parce que ma vie lui ressemble un peu.

Une pierre
deux maisons
trois ruines
quatre fossoyeurs
un jardin
des fleurs

un raton laveur

une douzaine d'huîtres, un citron, un pain
un rayon de soleil
une lame de fond
six musiciens
une porte avec son paillasson
un monsieur décoré de la Légion d'Honneur

Un autre raton laveur.

(la suite ICI ou ailleurs)

Samedi dernier, pour ma tambouille de sorcière j'ai fait mes emplettes et ça a donné ça

Du sucre d'érable,
des cranberries séchées
des dattes medjoul
des pistoles de chocolat
un emporte pièce
de la réglisse en poudre
des fèves tonka
Un embout de douille cannelé
de la poudre de noisettes
un moule à chocolat
une brique de pâte de dattes
des amandes effilées

Et un raton laveur aurait été le bienvenu pour faire la vaisselle.

mercredi 19 septembre 2007

La vieille dans les rosiers


Quand j'étais enfant, ma mère, qui avait arrêté de travailler, régulièrement déclarait qu'elle allait "faire des ménages" parce qu'on manquait d'argent. Il est vrai que ça mettait du beurre dans les épinards mais c'était pas la dèche non plus. En ce temps là, un salaire de prof suffisait à faire bouillir une marmite familiale.

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En fait, ma mère allait se resocialiser et régler le problème des disputes avec mon père qui ne voyait jamais pourquoi il fallait changer les appareils ménagers.
Difficile comme elle était, ses fameuses heures de ménage, elle les trouvait rarement et en général ça ne durait pas longtemps. Et pour cause: ma mère se cherchait des copines. Une fois le coup de main ménage terminé, sa relation de couple pour un temps pacifiée et son confort amélioré, elle continuait à aller chez son ex-employeur pour papoter.
Celle qui a duré le plus longtemps c'était Michèle. Je dis c'était parce qu'elle est morte la semaine dernière.
Michèle était fille de commerçants qui avaient fait fortune. Un jour, lors de sa jeunesse dorée années soixante, elle avait été victime d'un accident de voiture dont elle était sortie handicapée. Depuis ses 20 ans, Michèle marchait avec une canne qui ne cachait pas un déhanchement très prononcé.

Elle était assez jolie, souriait beaucoup, et était douée pour la déco, mais pour le reste, au berceau les fées ne l'avait pas gâtée avec les qualités humaines. Elle était radin, égoïste, imbue d'elle-même et surtout en voulait au monde entier, particulièrement à ceux qui étaient heureux et bien portants.
Elle avait peu d'amis. En fait, je ne me souviens pas en avoir entendu parler. Comme elle était pêtée de tunes, ses relations avec les autres se bornaient à brandir des carottes que bien entendu elle ne laissait jamais croquer.

A part ma mère, il y avait deux autres personnes dans sa vie: son mec,un gigolo fini, stewart de son état qui passait son temps à se muscler dans sa salle de sport perso et qui pour le reste du temps la trompait à tour de bras. Et l'autre était son jardinier. Un monsieur tranquille qui ne parlait pas beaucoup et dont la rusticité la tenait en respect.
L'homme est parti. ma mère a fini par se lasser de sa fascination étrange et compassionnée pour cette femme proche de la caricature de la tatie Danièle. Le jardinier est resté et Michèle s'en est arrangée en développant sa passion pour le jardin et les rosiers.
Tous les ans, elle faisait visiter son jardin lors des journées des plantes et jardins. J'imagine que ça la faisait kiffer de faire concurrence à une autre dame jardinière,qui dans le petit village faisait elle aussi visiter son jardin depuis plus longtemps qu'elle.
Et donc, la semaine dernière Michèle est morte d'un cancer, La faucheuse a fauché la jardinière à la fin de l'été.

Sans conjoint et sans descendance, c'est son frère, qui héritera de la maison. Qu'il revendra. Il y aura donc rapidement de nouveaux occupants.
Michèle, dans ses dernières volontés à demandé à ce que ses cendres soient dispersées dans le jardin. La cérémonie aura lieu la semaine prochaine.
Et moi, je pense à ces gens qui vont habiter cette maison sans savoir que l'ex-propriétaire hante les lieux.
On pourrait en faire un livre.
J'en profite pour vous suggérer deux films de manoirs hantés: la maison du diable de Robert Wise (1963). Un chef d'œuvre et son remake de 1999: Hantise (uniquement pour les décors).
Hou. Hou.

Je cherche des vieux films avec des manoirs ou des histoires de fantômes. Vous en connaissez ?

lundi 10 septembre 2007

La page blanche



J'arrive pas à écrire. C'est pas que les idées, les choses à faire où les sujets manquent mais ça vient pas.
Et c'est carrément angoissant. Plus le temps passe plus la deadline se rapproche et plus sous le chapeau ça panique.
Pourtant tout va bien dans ma vie. Après les déboires de l'automne dernier avec la rupture d'avec mon alter ego boulot, les divers séjours familiaux à hôpital, les emmerdements divers et variés, il semblerait que j'en ai fini pour l'instant avec le côté Murphy de la tartine.


Pic: moi


En un an, j'ai questionné une partie du répertoire shakespearien en matière d'interrogations sur la vie. Jusqu'à présent la mort s'était techniquement tenue loin de moi. Non pas en termes de sentiments mais en termes logistiques.
Et maintenant voilà qu'elle me fait coucou. Bien sûr, on a eu chaud, cette fois c'est de loin mais tout de même. Elle est là, dans le train qui s'apprête à partir et elle me fait signe d'un air de dire: au prochain départ c'est à toi de préparer les valises des voyageurs et de faire l'adieu sur le quai de gare.
Ouais ben, ça me passionne pas. Je vois que les gens autour de moi vieillissent, et même si je n'ai pas fini de régler mes comptes avec eux, ma place dans la société est inscrite et c'est ainsi.

Quant à ma rupture, j'en ai pas fini de me questionner sur les relations humaines.
Moi qui m'étais jurée de ne plus faire confiance à qui que ce soit, je me suis retrouvée embarquée dans une relation d'une beauté extrême dont je sais maintenant que sa perfection était le reflet de la mythomanie de l'autre.
Partagée entre la colère et la compassion c'est seulement maintenant, au bout d'un an, que je commence à ne plus en faire de cauchemars.

Mais j'ai beaucoup appris sur moi. J'ai pu voir des choses que je ne voyais pas. J'ai pu me dire des choses que je n'arrivais pas à me dire et finalement je me suis un petit peu réconciliée avec moi-même.
Je n'ai pas encore le droit de me laisser aller sous peine de voir les chiens de l'enfer revenir me gueuler aux oreilles mais ça va venir.

Et à part ça quoi de neuf ?
Ben tout va bien. J'ai rencontré des gens, je m'apprête à monter une entreprise, mon Doux grimpe les branches de l'arbre à boulot avec une aisance qui me fait sourire, les débuts de la vie d'adulte de mes deux grands enfants prennent quelquefois des airs de contes de fée. Tout ça est un peu magique.

Nonobstant, devant le clavier, Il faudrait que je me bouge, mais ça veut pas.
Mes héros peuvent bien se fâcher, me dire qu'ils ankylosent, coincés qu'ils sont dans la dernière scène où je les ai laissé tomber.
Les amis me secouer pour que je termine, qu'enfin il soit question d'aller se vendre auprès des éditeurs, les blogueurs trouver mon silence pesant. Nenni, la mule peut-être d'avoir trop été bâtée ne veut plus avancer.

Et Trauma. Ce petit fanzine de rien du tout m'a un peu chamboulée. De toutes les nouvelles que j'ai écrites, il y en a une qui fait votre unanimité. C'est ce qui me trouble.
La bougresse, je l'ai écrite d'un seul jet. Pas le temps.
Alors maintenant que j'ai un nouveau trauma à écrire, je sais plus. J'ai le doigt qui traine une compulsion maladive vers la touche suppr.

On dit que quand on trouve que ce qu'on fait est nul c'est qu'on a avancé.